Le chiffre est saisissant : 1 046 personnes ont été secourues en l’espace d’une semaine alors qu’elles tentaient de rejoindre les îles Canaries à bord d’embarcations de fortune. Parties de Gambie, ces personnes ont dérivé en mer avant d’être ramenées à terre en Mauritanie et au Sénégal, où elles ont été prises en charge par les équipes de Médecins sans frontières (MSF).
Les 1 046 rescapés secourus en mer, en l’espace d’une semaine, voyageaient à bord de sept embarcations, transportant chacune en moyenne 150 personnes. Leur objectif était de rejoindre les îles Canaries, situées à près de 2 000 kilomètres de leur point de départ. Une traversée particulièrement longue et périlleuse, qui a laissé de nombreux survivants dans un état de santé critique.
À leur arrivée, les équipes médicales de MSF ont pris en charge des personnes souffrant notamment de déshydratation, d’épuisement extrême, de pertes de connaissance, de fractures et d’infections cutanées, gastriques et respiratoires.
Des femmes et des mineurs parmi les rescapés
Parmi les 1 046 personnes secourues, figurent 134 femmes, dont une femme enceinte, ainsi que 88 mineurs. Pour ces survivants, les séquelles ne sont pas uniquement physiques.
Plusieurs ont raconté avoir vu mourir des proches durant la traversée. Face à cette détresse, MSF a mis en place des cellules de soutien psychologique d’urgence.
La majorité des rescapés sont originaires du Sénégal et de la Gambie. D’autres viennent du Mali, de la Guinée et de la Côte d’Ivoire.
Des récits de violences
Le parcours migratoire de nombreux survivants a également été marqué par des violences. Certains ont rapporté aux équipes de MSF avoir été agressés ou victimes d’extorsions de la part de passeurs.
À Dakar, une personne secourue a notamment raconté avoir été battue par un passeur et plusieurs hommes afin de la contraindre à payer davantage pour son voyage. Une femme a, quant à elle, déclaré avoir été dépouillée de l’argent destiné à son passage puis agressée sexuellement avant son embarquement.
« Une traversée extrêmement meurtrière »
Présente depuis 2024 auprès des personnes secourues sur la route migratoire de l’Atlantique, MSF alerte sur la gravité de la situation.
Pour Dalil Adji, chef de mission de MSF en Afrique de l’Ouest, le fait que des personnes acceptent de risquer leur vie sur une traversée de près de 2 000 kilomètres révèle la gravité des situations qu’elles cherchent à fuir.
L’organisation appelle les gouvernements d’Afrique de l’Ouest et d’Europe à mettre en place des voies de migration sûres et légales.
Le sauvetage de 1 046 personnes en seulement une semaine vient ainsi rappeler l’ampleur des départs sur cette route maritime et les dangers auxquels sont confrontés ceux qui tentent de rejoindre les Canaries. Derrière ce nombre se trouvent des hommes, des femmes et des enfants qui ont survécu à une traversée au cours de laquelle certains ont perdu des proches et beaucoup ont subi de graves conséquences physiques et psychologiques.
TE/Sf/APA





