Le Maroc aborde l’année 2026 avec une situation hydrique sensiblement plus favorable. Les barrages du Royaume totalisent 8,64 milliards de mètres cubes d’eau, soit un taux de remplissage national de 51,5 %, selon les dernières données disponibles. Ce niveau marque un tournant après plusieurs années de forte tension sur la ressource en eau.
Par rapport à la même période de l’année précédente, les volumes stockés ont progressé de près de 3,9 milliards de mètres cubes, représentant une hausse de 84,5 %. Cette amélioration s’explique par des précipitations abondantes enregistrées sur une grande partie du territoire, combinées à la remise en état et à l’optimisation de plusieurs grands ouvrages hydrauliques.
Les bassins du nord concentrent l’essentiel de cette reprise. Le bassin du Sebou demeure le principal pilier des réserves nationales, avec plus de 3,4 milliards de mètres cubes stockés et un taux de remplissage supérieur à 61 %. Le barrage d’Al Wahda dépasse à lui seul les 2,35 milliards de mètres cubes, confirmant son rôle central dans la sécurité hydrique du pays. Le Loukkos affiche également une situation favorable, avec près de 1,3 milliard de mètres cubes et un taux de remplissage de 67,3 %, plusieurs barrages y atteignant leur pleine capacité.
Le bassin du Bouregreg se distingue par l’un des taux de remplissage les plus élevés du Royaume, à 96,7 %, avec plus d’un milliard de mètres cubes stockés. Le barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah est quasiment plein, renforçant les conditions d’approvisionnement en eau potable pour Rabat, Casablanca et les zones urbaines environnantes. Dans le Tensift, les réserves atteignent 178 millions de mètres cubes, soit 78,3 % de la capacité, avec plusieurs barrages à des niveaux élevés.
Les situations restent plus contrastées dans les bassins du centre et du sud. Oum Er-Rbia stocke près de 1,38 milliard de mètres cubes, mais son taux de remplissage demeure inférieur à 30 %, malgré la saturation de certains barrages secondaires. Moulouya affiche 294 millions de mètres cubes, soit 41 % de sa capacité, tandis que Souss-Massa dépasse légèrement les 53 %, grâce notamment aux barrages d’Aoulouz et de Moulay Abdellah. Les bassins de Guir-Ziz-Rheris et du Drâa-Oued Noun enregistrent également une amélioration notable, bien que leurs niveaux restent inférieurs à ceux du nord.
Le franchissement du seuil des 8,6 milliards de mètres cubes confirme une reprise tangible des réserves hydriques nationales. Il souligne toutefois la persistance de disparités régionales et la nécessité de maintenir une gestion rigoureuse de l’eau, dans un contexte marqué par l’incertitude climatique et la récurrence des épisodes de sécheresse.
MK/AK/Sf/APA







