La compagnie maritime espagnole Baleària a annoncé la première ligne de ferry rapide entièrement électrique de son genre, un « corridor vert », entre l’Espagne et le Maroc.
Le Maroc et l’Espagne ont annoncé le lancement imminent de la toute première ligne de ferries entièrement électriques reliant les deux rives du détroit de Gibraltar. Cette liaison verte entre Tarifa, en Andalousie, et Tanger, au Maroc, marque une étape décisive vers la décarbonation du secteur maritime tout en consolidant les liens économiques entre les deux nations.
La construction des navires sera confiée au chantier naval espagnol Armon, reconnu pour son expertise en ingénierie maritime de pointe. Les ferries, développés sur une période de 32 mois, seront propulsés par des moteurs électriques de 16 MW, garantissant un trajet sans la moindre émission de CO2. Conçus pour opérer en toute autonomie sur la distance qui sépare les deux côtés du détroit, ces navires seront rechargés à quai en seulement 40 minutes, grâce à des stations de recharge de nouvelle génération aménagées dans les ports de Tanger et de Tarifa.
En prévision de l’arrivée de cette flotte innovante, d’importants travaux d’aménagement seront entrepris pour moderniser les infrastructures portuaires des deux côtés du détroit. Le président de la compagnie maritime espagnole Baleària, Adolfo Utor Martínez, a salué cette initiative en la qualifiant de « jalon de transformation » pour le secteur maritime, soulignant l’impact déterminant de cette transition vers une mobilité plus respectueuse de l’environnement.
Le projet s’inscrit dans une stratégie plus large de décarbonation du transport maritime en Europe et en Afrique du Nord, visant à réduire l’empreinte carbone des flux commerciaux traversant le détroit de Gibraltar. En effet, cette voie maritime est l’une des plus fréquentées au monde, avec plus de 100 000 navires y transitant chaque année. La mise en service de ferries 100 % électriques constitue ainsi une réponse concrète aux défis environnementaux posés par le transport maritime traditionnel.
Bien que totalement électriques en fonctionnement normal, ces navires seront toutefois équipés de générateurs diesel, prévus en tant que systèmes de secours en cas d’imprévu. Cette configuration hybride garantit une continuité de service optimale, tout en maximisant l’efficience énergétique.
Au-delà de ses vertus écologiques, cette initiative constitue un puissant levier de dynamisation économique pour le Maroc et l’Espagne. Le corridor maritime vert facilitera le transport des biens et des personnes entre les deux pays, renforçant ainsi les échanges commerciaux et les investissements dans le secteur maritime.
De plus, cette innovation est porteuse d’opportunités en matière de création d’emplois, notamment dans la maintenance et l’exploitation des nouvelles infrastructures électriques portuaires. Elle participe également à l’intégration économique régionale en facilitant les connexions logistiques entre l’Afrique du Nord et l’Europe, s’inscrivant pleinement dans les ambitions de coopération bilatérale entre Rabat et Madrid.
Si cette ligne maritime pionnière est un succès, elle pourrait servir de modèle à d’autres corridors maritimes dans la région et au-delà. Avec l’augmentation des exigences réglementaires sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le transport maritime international, des initiatives similaires pourraient voir le jour dans d’autres détroits stratégiques du monde.
Le Maroc et l’Espagne confirment ainsi leur volonté commune d’allier innovation et engagement environnemental pour un avenir plus vert, tout en consolidant leur position en tant qu’acteurs majeurs du transport maritime durable. Cette première ligne de ferries électriques illustre à merveille comment la technologie peut transformer les routes commerciales en corridors écologiques, préfigurant un tournant décisif pour le transport maritime international.
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