Le Mali a lancé, le 20 mai 2026 à Bamako, un atelier consacré à l’intégration de la directive communautaire sur les autorités de réglementation pharmaceutique.
Adopté en 2020 par l’UEMOA, le texte sur la réglementation pharmaceutique vise à renforcer le contrôle des médicaments dans un espace où la qualité, la circulation et la sécurité des produits de santé demeurent des enjeux majeurs.
La Directive n°06/2020/CM/UEMOA porte sur le statut des autorités nationales de réglementation pharmaceutique des États membres. Elle prévoit l’harmonisation des cadres réglementaires, le renforcement de l’autonomie des structures de contrôle et une meilleure surveillance des médicaments, de l’autorisation de mise sur le marché jusqu’à la distribution, l’inspection, la pharmacovigilance et la lutte contre les produits falsifiés.
Le texte concerne les huit pays de l’Union : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo.
À Bamako, les discussions portent principalement sur le retard du Mali dans la transposition de cette directive dans son droit national. Lors de la revue annuelle des réformes communautaires tenue en février 2026, l’UEMOA avait relevé que le pays n’avait pas encore intégré le texte dans sa législation interne.
L’atelier doit permettre d’informer les acteurs du secteur pharmaceutique, de faciliter l’appropriation de la directive et d’accélérer son adoption au niveau national.
Cette réforme intervient dans un contexte où la sécurité du médicament reste une priorité de santé publique. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, un produit médical sur dix dans les pays à revenu faible ou intermédiaire est de qualité inférieure ou falsifié. Depuis 2013, l’OMS a enregistré près de 1 500 signalements de produits de ce type, dont 42 % en Afrique subsaharienne, les antipaludiques et les antibiotiques figurant parmi les plus concernés.
Au Mali, les autorités sanitaires sont régulièrement confrontées à la circulation de médicaments hors des circuits officiels. En février 2025, une opération contre les produits pharmaceutiques illicites avait permis la saisie de plus de 35 tonnes de médicaments contrefaits, illustrant l’ampleur du marché parallèle et les risques pour les patients.
L’harmonisation communautaire devrait permettre de réduire les disparités entre les systèmes nationaux, de mieux encadrer l’importation et la distribution des médicaments et de renforcer la coopération entre les autorités de contrôle.
La cérémonie d’ouverture de l’atelier a été présidée par Dr Abdoulaye Guindo, en présence du représentant résident de l’UEMOA au Mali, Roberto Alexandre Vieira, ainsi que de plusieurs responsables du secteur sanitaire.
Pour les autorités maliennes, l’enjeu dépasse la simple conformité réglementaire : il s’agit aussi de protéger les patients, de sécuriser le marché du médicament, de lutter contre les circuits illicites et de rapprocher le pays des standards communautaires en matière de réglementation pharmaceutique.
MD/te/Sf/APA







