La ville de Tawila, dans le Nord-Darfour, est submergée par une crise humanitaire sans précédent, alors qu’un afflux massif de déplacés aggrave la propagation du choléra et intensifie l’insécurité alimentaire.
Depuis avril 2025 au Soudan, quelque 379 000 personnes – majoritairement des femmes, des enfants et des personnes handicapées – ont fui les violences extrêmes et la famine dans les régions assiégées de Zamzam et Al Fasher pour rejoindre Tawila. La saison des pluies ne fait qu’exacerber leur vulnérabilité, exposant ces populations à de violentes intempéries, à la maladie et à la faim.
Les ressources locales et humanitaires sont dépassées. Quatre camps ont été érigés à la hâte, mais les stocks d’urgence sont déjà épuisés.
« La situation à Tawila s’effondre », alerte Shashwat Saraf, directeur pays du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC). Il décrit des familles dormant à même le sol sous des abris de fortune, avec un accès quasi inexistant à l’eau potable et aux toilettes, tandis que les cas de choléra augmentent.
Une évaluation du NRC menée en juin dans les camps, où vivent 213 000 personnes, révèle des conditions alarmantes : seuls 10 % ont accès à une source d’eau fiable, moins de 10 % disposent de latrines, et la majorité des familles ne mangent qu’un repas par jour. Environ 39 % des femmes sont enceintes ou allaitantes, 22 % des ménages comptent des personnes handicapées non prises en charge, et des milliers d’enfants sont privés d’école.
Ces déplacés sont souvent des survivants de violences extrêmes, notamment les attaques meurtrières d’avril contre les camps de Zamzam et Abu Shouk, qui ont fait jusqu’à 400 morts et de nombreuses victimes de violences sexuelles, y compris parmi les humanitaires.
Depuis avril 2023, environ 782 000 personnes ont été déplacées de cette région, dont près de 500 000 rien qu’en avril et mai 2025.
À Al Fasher, une évaluation conjointe des autorités locales et d’organisations humanitaires indique que 38 % des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë, dont 11 % dans un état critique.
« La fenêtre pour sauver des milliers de vies se referme rapidement », alerte Saraf. Il appelle à un soutien international immédiat et sans entrave pour acheminer l’aide humanitaire à Tawila avant que la situation ne devienne incontrôlable.
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