La détérioration de la situation sécuritaire sur le site de déplacés de Kigonze, à Bunia, dans la province de l’Ituri, entraîne la dispersion de nombreuses familles et complique les opérations humanitaires ainsi que la surveillance de l’épidémie d’Ebola, selon les Nations Unies.
Le site de Kigonze accueille près de 19 000 personnes déplacées et fait partie des zones couvertes par le dispositif de riposte contre l’épidémie d’Ebola. Un situation malheureusement difficile aujourd’hui, face à l’épidémie d’Ebola.
Depuis le 20 septembre, plusieurs incidents de sécurité ont été signalés sur le site. Selon des informations rapportées par les médias, des militaires y sont entrés à la recherche d’armes et de personnes soupçonnées d’appartenir à un groupe armé. Des coups de feu auraient également été entendus.
« La situation sécuritaire sur le site de déplacés de Kigonze s’est détériorée et de nombreuses familles ont quitté le site pour se réfugier auprès de familles d’accueil », a déclaré Damien Mama, Coordonnateur humanitaire des Nations Unies en RDC.
La dispersion des déplacés complique la surveillance sanitaire
Les incidents enregistrés à Kigonze ont également réduit l’accès des agences humanitaires au site. Cette situation complique l’évaluation des besoins, la distribution de l’aide essentielle et la continuité des services de protection.
Les Nations Unies soulignent que le caractère civil du site doit être préservé et appellent à ce que toute décision concernant l’avenir des personnes déplacées soit prise de manière volontaire, sûre et digne.
La dispersion des familles constitue également un défi pour la riposte contre Ebola. Les départs non organisés de milliers de personnes, associés aux difficultés d’accès au site, risquent de compliquer la surveillance épidémiologique, notamment le suivi des contacts, ainsi que la continuité des services de santé et les opérations de contrôle de l’épidémie.
« Notre priorité est donc d’avoir accès au site le plus rapidement possible, afin d’assister les personnes qui sont dans le besoin », a insisté M. Mama.
Plus de 1,1 million de déplacés en Ituri
La province de l’Ituri reste confrontée à une situation humanitaire difficile. Les conflits et les violences y ont déplacé plus de 1,1 million de personnes, dont plus de 373 000 vivent actuellement sur des sites de déplacés.
Le Coordonnateur humanitaire de l’ONU appelle à la protection des civils et à la garantie d’un accès humanitaire sûr et sans entrave.
Dans son dernier rapport, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) souligne que l’épidémie d’Ebola se propage dans un contexte marqué par les conflits, l’insécurité, les déplacements de population et un accès limité aux services essentiels. Ces facteurs continuent de compliquer la détection des cas, le suivi des contacts et l’accès rapide aux soins.
Plus de 8 000 cas d’Ebola
Ces difficultés sécuritaires surviennent alors que l’épidémie d’Ebola en cours a franchi le seuil des 8 000 cas confirmés pour la première fois, selon les données des autorités sanitaires publiées lundi.
Le dernier rapport de situation fait état de 8 067 cas confirmés et de plus de 3 900 décès, soit un taux de létalité de 48,4 %.
L’Ituri demeure l’épicentre de l’épidémie. L’incidence des cas y poursuit une baisse progressive par rapport au pic enregistré à la mi-août, mais la transmission reste élevée.
Au Nord-Kivu, l’incidence a en revanche connu une hausse substantielle, atteignant à la mi-septembre son niveau le plus élevé depuis le début de l’épidémie, avant de diminuer au cours des derniers jours couverts par les données disponibles.
Cette épidémie, provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, est désormais la plus importante et la plus meurtrière jamais enregistrée en République démocratique du Congo, après avoir dépassé l’épidémie de 2018-2020.
Elle demeure toutefois derrière l’épidémie d’Ebola qui a frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016. Celle-ci avait infecté plus de 28 600 personnes et causé plus de 11 000 décès en Guinée, au Libéria et en Sierra Léone.
TE/Sf/APA





