La République démocratique du Congo (RDC) continue de faire face à une importante flambée de choléra, alors que l’attention du pays et de la communauté internationale est largement mobilisée par l’épidémie d’Ebola. Depuis le début de 2026, 41 279 cas suspects et 1 214 décès liés au choléra ont été enregistrés, selon les dernières données de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Si la situation épidémiologique s’est globalement améliorée par rapport à l’année précédente, la circulation du choléra demeure préoccupante dans plusieurs provinces congolaises. La maladie, qui connaît une recrudescence dans le pays depuis 2025, continue notamment de sévir dans des zones confrontées à des difficultés d’accès à l’eau potable, à l’assainissement et aux services de santé.
Une transmission en recul, mais toujours active
Les données de l’OMS montrent une diminution de la transmission en 2026 par rapport à la même période de 2025. À cette date l’année dernière, 48 383 cas et 1 479 décès avaient été rapportés.
Le nombre de cas suspects a ainsi reculé de 14,68 % sur un an, tandis que la létalité cumulée s’établit actuellement à 2,94 %.
Cette amélioration ne signifie toutefois pas la fin de l’épidémie. Au contraire, le niveau de transmission reste élevé. Entre le 10 et le 16 août, 1 669 cas suspects et 36 décès ont été signalés dans 64 zones de santé réparties dans 14 provinces. Le bilan de la semaine précédente faisait état de 1 528 cas, dont 29 décès.
L’OMS relève certes une réduction globale de l’intensité et de l’étendue géographique de la transmission par rapport à 2025, mais constate parallèlement une tendance à la hausse au cours des quatre dernières semaines.
Le pays enregistre par ailleurs depuis plusieurs semaines plus de 1 000 cas suspects par semaine, soit un niveau largement supérieur au seuil d’alerte de 500 cas hebdomadaires. Cette situation est jugée d’autant plus préoccupante que l’arrivée de la saison des pluies pourrait favoriser une nouvelle propagation de la maladie.
Les provinces du Kivu particulièrement touchées
Le Nord-Kivu et le Sud-Kivu figurent parmi les principales zones affectées. Ces deux provinces concentrent à elles seules 52 % des cas suspects récemment notifiés.
Le Nord-Kivu a enregistré 444 cas, dont trois décès, tandis que le Sud-Kivu comptait 420 cas et 13 décès.
La persistance de foyers dans ces régions, déjà fragilisées par d’importants défis humanitaires et sanitaires, constitue un enjeu majeur pour les autorités.
L’OMS fait également état d’une reprise des notifications dans trois zones de santé après huit semaines sans nouveau cas suspect. Dans le Sud-Kivu, Lulenge-Kimbi a ainsi rapporté 42 cas et cinq décès. À Kinshasa, Lemba a enregistré trois cas et un décès, tandis que Busondjo, dans la Mongala, a notifié un cas sans décès.
La vigilance reste de mise
Face à la persistance de ces foyers, l’OMS appelle au maintien d’une surveillance épidémiologique renforcée, notamment dans les zones considérées comme des points chauds et le long des principaux axes de transmission.
Les autorités sanitaires congolaises, avec l’appui des agences des Nations Unies, poursuivent la recherche active des cas au sein des communautés et les investigations destinées à mieux suivre l’évolution de l’épidémie.
Les opérations de sensibilisation et de mobilisation communautaire sont également renforcées. Des kits de prévention et de contrôle des infections continuent d’être distribués aux ménages et aux communautés vivant dans les zones affectées.
Ainsi, malgré une baisse globale des cas par rapport à 2025, le choléra demeure une menace sanitaire persistante en RDC. La concentration des cas dans plusieurs foyers, le maintien d’un niveau hebdomadaire supérieur au seuil d’alerte et l’approche de la saison des pluies imposent aux autorités sanitaires de maintenir la pression sur la surveillance et la prévention.
Alors que le pays affronte simultanément la flambée d’Ebola et d’autres défis sanitaires, la maîtrise du choléra apparaît comme un autre front essentiel de la riposte sanitaire nationale.
TE/Sf/APA







