Deux ans après l’attaque du Hamas contre Israël, la bande de Gaza reste plongée dans une crise humanitaire d’une ampleur inédite.
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) poursuit ses efforts pour coordonner les évacuations médicales, mais plus de 15 000 personnes, dont près de 4 000 enfants, attendent toujours un transfert urgent vers l’étranger.
Depuis le 7 octobre 2023, date de l’assaut meurtrier du Hamas en Israël, le conflit a causé la mort de 68 234 personnes et fait 170 373 blessés, selon les chiffres communiqués par le ministère local de la santé au 22 octobre 2025.
En septembre, seuls 13 des 36 hôpitaux de l’enclave restaient partiellement opérationnels.
Les évacuations sanitaires organisées par l’OMS sont entièrement gratuites. Les pays hôtes assurent la prise en charge médicale, le logement et les besoins essentiels des accompagnants, notamment pour les mineurs.
Ces transferts concernent uniquement les patients dont la survie dépend de soins impossibles à dispenser sur place, dans le strict respect des conditions de sécurité.
Depuis la fermeture du poste-frontière de Rafah en mai 2024, les opérations d’évacuation ont fortement ralenti.
Entre le cessez-le-feu du 19 janvier 2025 et le 10 septembre 2025, seules 2 266 personnes ont pu être transférées, contre 4 947 lors de la période précédente. Le cessez-le-feu du 10 octobre dernier nourrit néanmoins l’espoir d’une reprise plus soutenue des évacuations.
À ce jour, l’Égypte a accueilli 3 995 patients, suivie des Émirats arabes unis (1 450), du Qatar (970) et de la Turquie (437).
D’autres pays ont également ouvert leurs portes : 299 patients ont été transférés vers l’Union européenne, 253 vers la Jordanie, 136 en Algérie, 73 en Tunisie, 56 à Oman et 48 aux États-Unis.
Selon les données publiées le 28 octobre par l’OMS, plus de 1 000 Palestiniens ont été accueillis dans 17 pays de la région européenne, dont la Turquie, l’Italie, l’Ouzbékistan, l’Espagne et le Royaume-Uni. Parmi eux, 397 se trouvent actuellement dans des pays membres de l’Union européenne.
« Plus de 1 000 patients, pour la plupart des enfants, ont été évacués pour recevoir des soins urgents. C’est ainsi que se traduit la compassion dans les faits », a déclaré le Dr Hans Henri P. Kluge, directeur régional de l’OMS pour l’Europe.
Il a toutefois averti : « Plus de 15 000 personnes, dont près de 4 000 enfants, nécessitent encore une évacuation d’urgence, car le système de santé de Gaza reste à genoux. »
L’OMS appelle à l’ouverture de nouveaux couloirs humanitaires, notamment vers la Cisjordanie et Jérusalem-Est, et exhorte les pays partenaires à accueillir davantage de patients.
« La santé ne devrait jamais être une cible de guerre. Elle doit être au cœur du chemin vers la paix », a conclu le Dr Kluge.
DM/te/APA







