Le premier Congrès panafricain de médecine physique et de réadaptation (MPR) s’est ouvert ce mardi 28 avril 2026 à Grand-Bassam. Durant ce rendez-vous historique, experts africains et internationaux s’unissent pour jeter les bases d’une prise en charge innovante et accessible du handicap sur le continent.
Sous le thème « Rééducation, réadaptation et inclusion en Afrique : accessibilité, innovation et perspectives », la ville balnéaire de Grand-Bassam, située à 40 Km au Sud-est d’Abidjan, accueille cet événement doublement symbolique.
Ce rassemblement marque non seulement le 3e congrès de la Société ivoirienne de médecine physique et de réadaptation (SIMPR), mais surtout l’acte de naissance de l’Association panafricaine de la médecine physique et de réadaptation.
Ces assises devraient permettre de « travailler sur des collaborations effectives et notamment par la Francophonie pour que nous puissions tous avancer et créer une vraie discipline à l’échelle internationale », a déclaré le professeur François Genet (France).
Fédérer les compétences pour des soins à moindre coût
L’enjeu majeur de cette rencontre est la création d’une plateforme commune. Le professeur Daniel Alloh (Côte d’Ivoire), président du comité d’organisation, a souligné la nécessité de fédérer les expertises africaines pour répondre aux réalités locales.
Il s’agit de « réfléchir sur des stratégies communes en termes de prises en charge des patients vivant avec des situations d’handicap, et ensuite nous projeter sur les innovations accessibles à la population et à moindre coût », a-t-il dit.
Concernant les innovations, « nous allons axer nos travaux sur les différentes stratégies de production des soins à moindre coût, adaptées à notre contexte, et comment les adapter à notre contexte africain où les ressources sont limitées », a-t-il précisé.
Pour le Pr Miri Imen (Tunisie), la médecine physique est le pilier des systèmes de santé face au vieillissement de la population et au handicap infantile. Ce congrès doit permettre, selon elle, de formaliser des textes communs et de contextualiser les pratiques en fonction des difficultés spécifiques à chaque pays.
L’urgence de plans nationaux, notamment pour l’AVC
Le manque d’infrastructures et de personnels qualifiés, notamment de kinésithérapeutes, reste un frein majeur. Le Pr Boukara Zouhir (Algérie) a plaidé pour la mise en place de plans nationaux dans chaque État pour la prise en charge des Accidents vasculaires cérébraux (AVC), très répandus sur le continent.
« La médecine physique doit accompagner le patient dès la phase aiguë pour favoriser sa réinsertion sociale et professionnelle », a-t-il insisté. La dimension internationale de l’événement souligne l’importance des collaborations entre chercheurs, partenaires financiers et secteur public-privé.
Le Pr François Genet (France), spécialiste en médecine physique et de réadaptation, a mis en avant l’apport de la technologie et de l’industrialisation dans la discipline, tandis que le Pr Toussaint Kpadonou (Bénin) a plaidé pour un partage d’expériences équilibré
« Le Nord est avancé technologiquement, mais nous avons une forte expertise sur les maladies tropicales. En mettant tout cela en commun, la médecine avancera en Afrique », a soutenu le Pr Toussaint Kpadonou.
Le rôle de la médecine physique dépasse le cadre purement clinique. Le Dr Serge Appagni, de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) de Côte d’Ivoire, a rappelé que cette discipline est un outil essentiel pour la réparation et la réinsertion des travailleurs victimes d’accidents professionnels.
L’appel final des spécialistes s’est adressé aux autorités politiques. Pour le Pr Kpadonou, l’appui des gouvernants est la condition sine qua non pour que cette médecine globale puisse pleinement jouer son rôle d’inclusion sociale en Afrique.
AP/APA







