Le Mali prépare le passage à la production industrielle du sirop Balembo, un médicament traditionnel amélioré contre la toux, avec un objectif de 240 000 flacons par an à l’horizon 2028, dans le cadre d’un partenariat entre la recherche publique, l’industrie pharmaceutique et le réseau national de distribution.
Présenté lors de la 24e Journée africaine de la médecine traditionnelle, tenue du 3 au 5 septembre à Bamako, le projet doit permettre de transformer une innovation issue de la pharmacopée malienne en un produit fabriqué à plus grande échelle.
La chaîne de production associera plusieurs acteurs, notamment les fournisseurs de matières végétales, l’Institut national de recherche sur la médecine et la pharmacopée traditionnelles (INRMPT), chargé de la préparation de l’extrait, l’Usine malienne de produits pharmaceutiques (UMPP), qui assurera la fabrication, et la Pharmacie populaire du Mali (PPM), responsable de la distribution dans le circuit pharmaceutique national, selon l’Agence malienne de presse.
Une première étape avait été franchie le 16 avril avec la signature à Bamako d’un contrat d’objectifs et de performance consacré à la production industrielle du Balembo. L’accord prévoit également la protection du produit sous forme de marque collective, selon l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI).
L’investissement nécessaire est évalué à 172,5 millions de francs CFA. L’OAPI doit contribuer à hauteur de 138 millions de francs CFA, soit 80 % du financement, tandis que les partenaires maliens apporteront les 34,5 millions restants. La capacité visée est de 240 000 flacons par an en 2028.
« Il s’agit d’un projet structurant qui apporte une réponse concrète à notre ambition de souveraineté », a déclaré la directrice générale de l’INRMPT, la professeure Rokia Sanogo.
Un produit issu de la recherche malienne
Le Balembo est élaboré à partir des fruits de Crossopteryx febrifuga, un arbuste présent dans plusieurs régions d’Afrique tropicale. Il fait partie des médicaments traditionnels améliorés développés par la recherche malienne.
Selon Rokia Sanogo, 14 médicaments traditionnels améliorés ont obtenu une autorisation de mise sur le marché au Mali depuis 1983, dont sept figurent sur la liste nationale des médicaments essentiels.
Créé sous sa forme actuelle d’établissement public scientifique et technologique en 2023, l’INRMPT intervient notamment dans la formulation des produits, les essais cliniques et la formation.
La documentation scientifique consacrée au Balembo comprend notamment un essai clinique réalisé auprès de 32 patients souffrant de toux, ayant fait état d’une amélioration après sept jours de traitement dans une étude publiée en 2012.
Le développement industriel du produit s’inscrit dans un contexte de promotion de la médecine traditionnelle en Afrique. La stratégie mondiale de l’Organisation mondiale de la Santé pour 2025-2034 accorde une place importante à la recherche, à la qualité, à la sécurité et à la pharmacovigilance dans l’intégration des médicaments traditionnels aux systèmes de santé.
Au Mali, les représentants des tradipraticiens plaident par ailleurs pour une actualisation du cadre juridique régissant leur activité, dont certaines dispositions remontent aux années 1990.
Les prochaines étapes du projet Balembo concernent notamment la sécurisation de l’approvisionnement en matières végétales, la standardisation de l’extrait, la fabrication des premiers lots et leur contrôle avant leur mise à disposition dans le circuit pharmaceutique.
MD/te/Sf/APA





