L’Afrique du Sud a annoncé une contribution de 5 millions de dollars au plan continental de 319 millions de dollars destiné à lutter contre l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda, alors que les pays africains intensifient leur mobilisation face à la deuxième plus importante flambée d’Ebola jamais enregistrée sur le continent.
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a annoncé un engagement de 5 millions de dollars au plan de lutte continental contre Ebola, lundi lors d’une réunion de haut niveau des ministres africains de la Santé, en sa qualité de champion de l’Union africaine pour la prévention, la préparation et la réponse aux pandémies.
« Dans cet esprit de solidarité africaine et de solutions africaines aux défis africains, le gouvernement et le peuple sud-africains ont le plaisir d’annoncer une contribution initiale de 5 millions de dollars à Africa Centres for Disease Control and Prevention (Africa CDC), afin de soutenir la riposte continentale en cours contre Ebola », a déclaré M. Ramaphosa.
Il a précisé que cette contribution s’inscrit dans un plan plus large de l’Union africaine couvrant la période de juin à novembre 2026, destiné à renforcer les mesures de contrôle de l’épidémie dans les deux pays touchés ainsi qu’à améliorer la préparation sanitaire dans au moins dix États considérés à haut risque.
Selon lui, les pays africains ont déjà mobilisé environ 10 % du financement nécessaire à partir de ressources internes, illustrant ce qu’il a qualifié de transition vers des « solutions africaines aux défis africains » et une réponse continentale plus affirmée face aux urgences sanitaires.
La flambée actuelle, provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola -pour laquelle aucun vaccin ni traitement homologué n’existe à ce jour- a déjà fait au moins 200 morts dans l’est de la RDC et l’ouest de l’Ouganda.
Organisation mondiale de la santé a classé cette épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale, avertissant que l’évolution des contaminations demeure particulièrement préoccupante.
Il s’agit de la plus importante épidémie d’Ebola enregistrée en Afrique depuis celle de l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016, qui avait causé plus de 11 000 décès.
La RDC, confrontée à plusieurs flambées d’Ebola au cours des deux dernières décennies, peine à contenir la propagation actuelle en raison de l’insécurité persistante, des déplacements de population et des difficultés d’accès aux zones affectées.
M. Ramaphosa a également indiqué qu’une collaboration scientifique accélérée est en cours entre Africa CDC, l’OMS et plusieurs partenaires internationaux, dont GAVI, Coalition for Epidemic Preparedness Innovations et UNITAID, afin de favoriser le développement de vaccins et de traitements.
Le président sud-africain a appelé les fabricants pharmaceutiques et les instituts de recherche à accélérer les essais cliniques, à renforcer les capacités de laboratoire et à développer la surveillance génomique afin que l’Afrique ne soit pas marginalisée dans l’accès aux outils vitaux de lutte contre l’épidémie.
JN/lb/te/Sf/APA






