À la clôture d’un atelier régional sur les virus Ebola Bundibugyo et Andes, le Dr Ibrahima Socé Fall, Administrateur général de l’institut Pasteur de Dakar, a affirmé que la souveraineté sanitaire de l’Afrique ne pourra être atteinte sans un investissement durable dans la recherche, l’innovation et le développement scientifique.
Pendant quatre jours, vingt-sept experts et responsables de laboratoires de référence des pays membres de la Cédéao ont renforcé leurs compétences afin d’améliorer les capacités de détection, de surveillance et de riposte face aux maladies émergentes. Pour le Dr Ibrahima Socé Fall de l’institut Pasteur de Dakar, cette initiative constitue une étape importante dans la construction d’une sécurité sanitaire régionale plus solide.
« Les connaissances acquises au cours de cette semaine représentent bien plus qu’une simple formation. Il s’agit d’un véritable point de départ », a-t-il souligné devant les participants. Selon lui, les compétences acquises contribueront à renforcer les capacités des laboratoires nationaux à prévenir, détecter et répondre plus efficacement aux futures urgences sanitaires.
L’Administrateur général de l’Institut Pasteur de Dakar a salué l’engagement des participants ainsi que le soutien des partenaires, notamment l’Organisation Ouest-Africaine de la Santé (OOAS), l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Réseau Pasteur. Il a également rendu hommage au Dr Ousmane Faye, conseiller scientifique de la formation, pour son leadership et la qualité de l’encadrement scientifique.
Le responsable a insisté sur l’importance de la coopération régionale, rappelant que les épidémies ignorent les frontières administratives. « Les populations vivent de part et d’autre des frontières et les échanges sont permanents. Nos réponses ne doivent donc connaître ni fragmentation ni frontières », a-t-il affirmé, plaidant pour un partage continu des informations et une coordination renforcée entre les pays.
Selon lui, la sécurité sanitaire de chaque État dépend de la capacité de préparation de ses voisins. D’où la nécessité de poursuivre les investissements dans les ressources humaines, les laboratoires, les infrastructures et les réseaux de collaboration scientifique.
Au-delà du renforcement des capacités diagnostiques, le Dr Fall a mis l’accent sur la recherche comme levier essentiel de l’autonomie sanitaire du continent. « Lorsque nous parlons de souveraineté sanitaire en Afrique, cela passe nécessairement par un investissement durable dans la recherche, l’innovation et le développement. Sans une recherche forte menée sur le continent africain, il sera difficile de parler d’une véritable souveraineté sanitaire », a-t-il déclaré.
Il a annoncé que l’Institut Pasteur de Dakar a développé un candidat test de diagnostic rapide, dont l’évaluation sur le terrain débutera dans les prochaines semaines. L’institution poursuit également plusieurs programmes de recherche avec ses partenaires pour mettre au point de nouveaux outils diagnostiques et de futurs vaccins.
Organisé du 30 juin au 3 juillet 2026 par l’Institut Pasteur de Dakar et l’Organisation Ouest-Africaine de la Santé (OOAS), cet atelier régional visait à renforcer les capacités des laboratoires ouest-africains en matière de diagnostic moléculaire, de séquençage génomique et de biosécurité appliqués aux virus Ebola Bundibugyo et Andes.
À travers cette initiative, les organisateurs entendent consolider le réseau régional des laboratoires de référence afin de mieux préparer les pays de la Cédéao aux risques sanitaires transfrontaliers et aux futures épidémies.
TE/Sf/APA







