Des chercheurs burkinabè ont mis au point un bio-insecticide à base de feuilles de Calotropis procera, une plante locale, capable d’éliminer entre 80 et 90% des larves de moustiques vecteurs du paludisme et de la dengue, selon les résultats présentés jeudi à Ziniaré, dans le centre du pays.
Développé par l’Université Joseph Ki-Zerbo, à travers le Laboratoire de développement du médicament (LADME), un bio-insecticide à base de Calotropis procera, vise à renforcer la lutte préventive contre le paludisme et la dengue, deux maladies qui constituent un problème majeur de santé publique au Burkina Faso.
Les résultats du projet ont été présentés lors d’un atelier de restitution et de clôture, organisé les 8 et 9 octobre à Ziniaré, selon le média burkinabè Lefaso.net, qui a rapporté l’information.
Intitulé « Développement d’un bio-insecticide à longue durée d’action à base d’extrait de feuilles de Calotropis procera contre les vecteurs du paludisme et de la dengue », le projet a été conduit pendant environ trois ans et demi.
Les scientifiques ont notamment étudié l’activité larvicide des extraits de la plante sur Anopheles gambiae s.l., vecteur du paludisme, et Aedes aegypti, responsable de la transmission de la dengue.
Les travaux ont également permis de caractériser les extraits sur le plan phytochimique et de développer une formulation sous forme de comprimés matriciels, conçue pour prolonger l’action du produit.
Présenté comme une innovation « made in Burkina », ce bio-insecticide repose essentiellement sur des matières premières disponibles localement et sur l’expertise de chercheurs burkinabè.
L’enjeu est désormais de poursuivre les recherches, de faciliter la production et de rendre le produit accessible au plus grand nombre, notamment en réduisant son coût. Les chercheurs ont ainsi sollicité l’appui des autorités pour accompagner sa fabrication.
Financé par le Fonds de soutien à l’éducation et à la recherche (FOSER), anciennement Fonds national de la recherche et de l’innovation pour le développement (FONRID), le projet ouvre une piste locale de lutte contre les moustiques. Son efficacité sur le terrain, son innocuité et ses conditions de production à grande échelle devront toutefois être établies avant une éventuelle diffusion généralisée.
Ho/Sf/Sf/APA





