L’Assemblée législative de transition (ALT) a adopté à l’unanimité deux projets de loi ratifiant des accords de financement d’un montant global de près de 220 milliards de FCFA destinés à renforcer les systèmes de santé et d’éducation. Soutenus principalement par l’Association internationale de développement (IDA) du Groupe de la Banque mondiale, ces investissements visent à améliorer les infrastructures, la résilience des services publics et le capital humain.
Les députés burkinabè ont ainsi approuvé deux importants programmes d’investissement totalisant environ 219,6 milliards de FCFA, destinés à moderniser les secteurs de la santé et de l’éducation, considérés comme des piliers de la stratégie nationale de développement et de résilience.
Le premier texte concerne le Projet de renforcement de la performance et de la résilience des systèmes de santé (PRPRSS), doté d’un budget global de 158 millions d’euros, soit environ 103,7 milliards de FCFA.
Le financement repose principalement sur un crédit de 142 millions d’euros accordé par l’Association internationale de développement (IDA), le guichet concessionnel du Groupe de la Banque mondiale. Ce prêt est assorti d’un taux d’intérêt nul, d’un différé de remboursement de dix ans et d’une maturité de cinquante ans. Il est complété par un don de 17 millions de dollars du Mécanisme de financement mondial (Global Financing Facility – GFF).
Prévu pour la période 2025-2030, le programme bénéficiera aux 23,4 millions d’habitants du Burkina Faso, avec une priorité accordée à sept millions de personnes vivant dans six régions affectées par la crise sécuritaire.
Les investissements prévus comprennent la construction de quatre unités de réanimation, la transformation de 30 centres de santé en centres médicaux communaux, l’acquisition de 50 ambulances, de 13 cliniques mobiles et de 12 camions destinés à la gestion des déchets biomédicaux.
Le projet prévoit également la fourniture de services de nutrition de base à plus de 10 millions de femmes et d’enfants, ainsi que la formation de 600 agents de santé selon l’approche « One Health », qui promeut une gestion intégrée de la santé humaine, animale et environnementale.
Renforcer le capital humain
Selon la Commission des finances et du budget (COMFIB), le PRPRSS affichait à mi-2026 un taux d’exécution physique de 23 % et un taux de décaissement de 15,6 %, des niveaux jugés conformes à la phase de démarrage.
Le programme prévoit également l’apurement de 35,4 milliards de FCFA de dette sociale hospitalière et le financement, sur fonds propres de la Centrale d’achat des médicaments essentiels génériques et des consommables médicaux (CAMEG), de trois entrepôts à Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Fada N’Gourma.
Les députés ont aussi adopté le projet REPAIR (Renforcement de la performance du système éducatif et amélioration de la résilience), évalué à 176,6 millions d’euros, soit environ 115,9 milliards de FCFA.
Son financement est assuré à hauteur de 138,8 millions d’euros par l’IDA, sous forme de dons et de prêts concessionnels, de 36,7 millions d’euros par le Partenariat mondial pour l’éducation (PME) et d’un peu plus d’un million d’euros par l’État burkinabè.
Mis en œuvre entre 2026 et 2029, le projet ambitionne de bénéficier à plus de deux millions d’apprenants et à 40 000 enseignants. Il prévoit notamment la construction de 20 complexes scolaires, de 400 blocs de salles de classe et de 40 centres d’éveil préscolaire, ainsi que le déploiement d’un dispositif de e-encadrement afin d’assurer la continuité pédagogique dans les zones touchées par l’insécurité.
Selon la COMFIB, les accords, déclarés exécutoires par la Banque mondiale le 24 mars 2026, sont déjà entrés en phase opérationnelle avec la mise en place d’un comité de pilotage et la préparation du premier décaissement.
Pour les autorités burkinabè, ces deux programmes devraient contribuer à renforcer le capital humain, améliorer la qualité des services publics et soutenir la résilience économique du pays à moyen terme.
HO/te/APA






