Des responsables politiques venus d’Afrique et de la région Asie-Pacifique se sont réunis à Livingstone, en Zambie, pour lancer une initiative conjointe visant à renforcer les systèmes de protection sociale face à l’insécurité alimentaire, aux crises économiques et aux contraintes budgétaires croissantes.
Organisé sur trois jours, cet atelier interrégional, qui s’achève ce jeudi, est coorganisé par le gouvernement zambien, le Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies, la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et la Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique (CESAP).
Six pays participent à cette initiative : la Zambie, le Sénégal, la Tanzanie, la Namibie, le Cambodge et les Maldives. Cette rencontre s’inscrit dans un programme plus large (2024–2027) destiné à bâtir des systèmes de protection sociale plus inclusifs et adaptés aux contextes locaux.
À l’échelle mondiale, près de 2 milliards de personnes – soit près de 48 % de la population – ne bénéficient d’aucune couverture sociale. En Afrique, ce taux tombe à 19 %, soulignant l’urgence d’agir.
En Zambie, où environ la moitié de la population vit dans une pauvreté multidimensionnelle, la secrétaire permanente au ministère du Développement communautaire, Angela Kawandami, a salué « une occasion unique d’échange d’expériences et de consolidation des partenariats ».
Les discussions portent notamment sur l’amélioration des systèmes de données, les modèles de financement et l’optimisation des services grâce au numérique. L’un des points forts de la rencontre est la présentation d’un prototype de tableau de bord de la pauvreté multidimensionnelle développé par la CEA.
Cet outil innovant relie les données locales sur la pauvreté à des indicateurs en temps réel – flux migratoires, déplacements de population, conflits ou chocs climatiques – pour une réponse plus ciblée et plus efficace. « Il s’agit d’un instrument qui dépasse les simples moyennes statistiques pour connecter les crises aux réalités locales », a expliqué Christian Oldiges, chef de la section Politique sociale à la CEA.
Des pays comme le Sénégal, la Namibie et le Cambodge ont partagé leurs propres réformes et défis dans ce domaine.
Les conclusions de cet atelier viendront alimenter les préparatifs du deuxième Sommet mondial pour le développement social, prévu en novembre à Doha. Ce rendez-vous doit faire progresser la mise en œuvre du Pacte pour l’avenir, qui plaide pour des systèmes de protection sociale universels, fondés sur les droits et résilients face aux crises.
JN/fss/te/Sf/APA






