Le Parlement zimbabwéen a approuvé d’importantes révisions constitutionnelles prévoyant la prolongation de deux ans du mandat du président Emmerson Mnangagwa et la suppression de l’élection présidentielle au suffrage universel direct, franchissant ainsi la dernière étape législative avant leur entrée en vigueur.
Le texte de la révision constitutionnelle au Zimbabwe, prolongeant de deux ans l’actuel mandat présidentiel, doit désormais être promulgué par le chef de l’État après son adoption, mardi, par l’Assemblée nationale, qui l’a approuvé par 226 voix contre 41. Les amendements avaient auparavant été validés par le Sénat.
Ces dispositions constituent l’essentiel du projet de révision constitutionnelle n° 3 (CAB3), un ensemble de réformes que ses détracteurs qualifient de « coup d’État constitutionnel ».
Le CAB3 fait passer la durée des mandats présidentiel et parlementaire de cinq à sept ans. En conséquence, le second et dernier mandat du président Mnangagwa, qui devait s’achever en 2028, serait prolongé jusqu’en 2030.
Le texte prévoit également de remplacer l’élection présidentielle au suffrage universel direct par un système dans lequel le président serait désigné par le Parlement, revenant ainsi sur une réforme électorale en vigueur depuis 1987.
Les partis d’opposition et plusieurs experts juridiques estiment que ces modifications renforcent l’emprise du parti au pouvoir, la ZANU-PF, sur les institutions de l’État. Ils soutiennent également qu’elles contreviennent aux dispositions constitutionnelles interdisant aux dirigeants en exercice de bénéficier de changements relatifs à la durée des mandats.
L’opposition réclame l’organisation d’un référendum national, estimant que ces amendements portent atteinte aux principes de responsabilité démocratique et de souveraineté populaire.
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