Malgré des indicateurs macroéconomiques en amélioration, le président Kaïs Saïed peine à convaincre sur l’impact concret des réformes engagées, alors que les difficultés sociales persistent.
Le président tunisien Kaïs Saïed multiplie les initiatives pour afficher la continuité de l’action gouvernementale et accélérer les réformes, dans un contexte marqué par de fortes attentes sociales et des fragilités économiques persistantes.
Lors d’une rencontre avec la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, le chef de l’État tunisien a chargé le Conseil des ministres d’examiner plusieurs projets de loi et de décrets, réaffirmant sa volonté de maintenir un rythme soutenu dans la conduite des affaires publiques.
Alors que l’Assemblée des représentants du peuple examine le Plan de développement 2026-2030, Kaïs Saïed présente la stabilité institutionnelle et les réformes engagées comme les leviers du redressement national. Mais cette dynamique ne dissipe pas les interrogations sur la capacité de l’exécutif à améliorer rapidement l’emploi, l’investissement et le pouvoir d’achat.
Le président tunisien s’appuie sur plusieurs signaux économiques favorables, notamment le remboursement d’un important emprunt obligataire international, une croissance estimée à 2,5 %, un ralentissement de l’inflation et des réserves en devises renforcées. Ces avancées restent toutefois confrontées à des difficultés structurelles, parmi lesquelles le chômage, la faiblesse de l’investissement privé et les tensions budgétaires.
Kaïs Saïed reconnaît lui-même que ces résultats ne se traduisent pas encore dans le quotidien des Tunisiens, toujours confrontés à la hausse du coût de la vie et aux inégalités régionales.
Sur le plan politique, le président continue de dénoncer ce qu’il qualifie de tentatives de déstabilisation des institutions. Ces déclarations illustrent la persistance des tensions dans un pays marqué par une profonde polarisation depuis la concentration des pouvoirs décidée en 2021.
Si le chef de l’État affirme que la Tunisie avance vers le redressement, ses détracteurs estiment que les mesures actuelles peinent à produire une croissance inclusive et durable. Le défi reste donc de transformer les améliorations macroéconomiques annoncées en bénéfices concrets pour la population.
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