Le milliardaire soudano-britannique Mo Ibrahim a appelé le président zambien Hakainde Hichilema à préserver les acquis démocratiques de son premier mandat, estimant que les événements postélectoraux risquent de compromettre l’image de la Zambie et son propre héritage politique.
Dans une déclaration publiée le 26 août par la Fondation Mo Ibrahim, l’homme d’affaires dit suivre avec préoccupation l’évolution de la situation politique après les élections générales contestées.
« Monsieur le Président, votre premier mandat a été marqué par des avancées. Ne gâchez pas ce que vous avez accompli », a-t-il écrit, invitant Hichilema à ne pas laisser les tensions actuelles effacer les progrès enregistrés au cours de son premier mandat.
Mo Ibrahim relève notamment les arrestations de membres de l’opposition, les violences signalées, la mort d’un ancien ministre ainsi que la suspension du décompte des voix. Il considère ces développements comme incompatibles avec les principes démocratiques auxquels la Zambie s’est longtemps attachée.
Il s’inquiète également de la fermeture des juridictions supérieures, notamment de la Cour constitutionnelle, à l’approche de l’échéance prévue pour le dépôt des recours électoraux. Une situation qui, selon lui, risque de compliquer davantage le règlement institutionnel de la crise.
Pour le fondateur de la Fondation Mo Ibrahim, la démocratie ne se limite pas au jour du scrutin. Elle repose également sur le respect des institutions, des procédures constitutionnelles et des droits politiques, notamment lorsque les résultats électoraux sont contestés.
Il rappelle que la Zambie a longtemps été perçue comme un modèle africain en matière d’élections compétitives, de transitions pacifiques du pouvoir et de respect de l’ordre constitutionnel.
« Monsieur le Président, votre propre héritage pourrait être tout aussi solide », a-t-il déclaré, tout en soulignant qu’un bilan politique n’est jamais définitivement acquis et doit être préservé d’un mandat à l’autre.
Cette intervention se situe dans un contexte de fortes tensions autour du processus électoral zambien. Les responsables de l’opposition contestent la crédibilité du scrutin et dénoncent notamment l’arrestation de figures politiques, le déploiement de militaires et la fermeture des tribunaux durant la période constitutionnelle consacrée aux recours.
Mo Ibrahim a ainsi lancé une ultime mise en garde au chef de l’État : « Ce serait un gâchis et une honte de voir tout cela s’effondrer aujourd’hui. »
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