Une vérification de performance conduite au sein de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite fait ressortir plusieurs insuffisances dans son pilotage et ses mécanismes de contrôle. L’examen porte sur la période allant de janvier 2021 à juin 2025.
Le Bureau du Vérificateur général du Mali a relevé des dysfonctionnements dans la gestion de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI), institution chargée de recevoir les déclarations de biens et de contribuer à la prévention de l’enrichissement illicite.
La mission a examiné le fonctionnement du Conseil de l’Office, son dispositif de contrôle interne, le traitement des déclarations de biens, la réception des dénonciations et l’exécution des accords de coopération.
Le rapport relève d’abord une composition irrégulière de certains pôles. Celui consacré à la prévention et aux déclarations de biens comptait quatre membres, alors que son effectif maximal est fixé à trois. Le pôle chargé de la coopération fonctionnait avec un seul membre, au lieu des deux requis.
Le Conseil de l’OCLEI élaborait rarement un programme annuel pour encadrer ses activités et adoptait ses budgets après les délais prévus. Les contrôleurs ont également observé des divergences entre certaines délibérations et les procès-verbaux correspondants.
Le fonctionnement de l’audit interne fait partie des principales faiblesses relevées. Des documents de gestion réclamés par ce service ne lui ont pas été transmis, ce qui a empêché l’achèvement de certaines missions de contrôle. Le Vérificateur général demande à la présidence de l’Office de garantir aux auditeurs l’accès aux pièces nécessaires.
Les tests réalisés les 10 et 16 mars 2026 ont par ailleurs montré que le numéro vert destiné aux plaintes et aux dénonciations était en panne. La ligne a été remise en service le 24 avril, plus d’un mois après le premier constat.
Le rapport relève également une présentation erronée des résultats obtenus en 2024 dans l’exploitation des déclarations de biens. L’OCLEI avait annoncé un taux de réalisation de 200 %, alors que la performance réelle était de 100 %. L’écart provenait du choix d’une cible de 50 %, différente de celle retenue dans le document officiel de programmation.
La coopération institutionnelle a produit peu de résultats. Sur les six accords examinés, un seul avait commencé à être exécuté, soit 17 %. Le Vérificateur général recommande d’assortir chaque accord d’un plan d’action précis.
Ces constats portent sur l’organisation et l’efficacité de l’Office. Le rapport propose une programmation annuelle plus rigoureuse, un meilleur encadrement du contrôle interne et une exécution plus structurée des partenariats conclus par l’OCLEI.
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