Le président tunisien Kaïs Saïed a affirmé, lundi au palais de Carthage, que la révolution ne saurait se limiter à l’adoption de nouvelles lois, mais devait s’accompagner d’un changement culturel profond, en particulier au sein de l’administration et des services publics, selon un communiqué de la présidence.
Lors de l’audience qu’il a accordée le 19 janvier à la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, le chef de l’État tunisien a passé en revue la situation générale du pays. Il a réitéré sa volonté de voir l’action publique se poursuivre « sans interruption » afin d’apporter des réponses concrètes aux attentes des citoyens dans l’ensemble des secteurs. Kaïs Saïed a également souligné la nécessité d’ouvrir davantage la voie aux jeunes, appelés selon lui à prendre le relais et à assumer des responsabilités, qu’il a qualifiées de « droit légitime».
Le président a exprimé de vives critiques à l’égard du fonctionnement de plusieurs services publics, estimant qu’ils ne remplissaient pas leur mission comme il se doit. Rappelant que « l’État est l’ensemble de ces services », il a jugé inacceptable que le chef de l’État soit amené à intervenir pour résoudre des problèmes relevant normalement des prérogatives de responsables régionaux ou locaux. Cette situation, a-t-il insisté, traduit des dysfonctionnements structurels qui appellent des réponses durables.
Dans ce contexte, Kaïs Saïed a mis en avant sa conception de la révolution, qu’il ne réduit pas à une simple réforme législative. « La révolution n’est pas qu’une législation, c’est un changement culturel », a-t-il déclaré, soulignant que ce tournant devait s’opérer en priorité au sein de l’administration. Pour le président, l’efficacité de l’action publique dépend autant des textes juridiques que des pratiques, des mentalités et du sens des responsabilités des agents de l’État.
Le chef de l’État a également insisté sur la nécessité d’une administration au service du citoyen, capable de traiter les dossiers avec célérité et équité. Il a appelé à une responsabilisation accrue des cadres et des responsables territoriaux, afin d’éviter la centralisation excessive des décisions et de rapprocher l’administration des préoccupations quotidiennes de la population.
Cette rencontre s’inscrit dans la continuité du discours présidentiel axé sur la refondation de l’État et la réforme en profondeur des institutions publiques. À travers cette approche, Kaïs Saïed entend promouvoir une transformation durable de la gouvernance, fondée sur l’engagement, l’exemplarité et une culture administrative renouvelée, qu’il considère comme une condition essentielle à la réussite du processus de changement engagé en Tunisie.
MK/Sf/APA







