Le secteur portuaire ivoirien fait sa révolution numérique et sociale. Lors d’une conférence de presse ce jeudi 21 mai 2026, Alexis N’Guessan-Zoukou, secrétaire général du SEMPA-BMOD, a dressé le bilan d’une transformation profonde qui modernise le quotidien de 8 500 dockers à Abidjan et San Pedro.
Le Syndicat des entreprises de manutention des ports autonomes (SEMPA-BMOD) s’engage à éradiquer la précarité et à bannir les pratiques de gestion obsolètes des ports ivoiriens. L’organisation souhaite clore définitivement l’ère de la précarité et des méthodes de travail archaïques, concernant notamment les dockers.
Le changement le plus spectaculaire concerne la digitalisation de l’embauche. Longtemps soumis à l’incertitude du système manuel « à la criée », les travailleurs bénéficient d’un dispositif numérique depuis 2023.
Alexis N’Guessan-Zoukou a retracé les grandes étapes de cette transformation : De la création du SEMPA-BMOD en 1959, à la professionnalisation du métier en 1999, jusqu’au décret de 2019, exigeant une structuration des catégories de dockers et l’accès aux Contrats à durée indéterminée (CDI)
Le SEMPA-BMOD revendique une réforme profonde du secteur. « Nous avons engagé une transformation progressive mais décisive du travail portuaire afin de garantir plus de dignité, de stabilité et de transparence aux dockers », a déclaré Alexis N’Guessan-Zoukou.
Aujourd’hui, près de 95 % des dockers connaissent leur planning à l’avance. Cette réforme élimine les pratiques archaïques, réduit la précarité et apporte de la stabilité aux familles. En outre, l’on note des avancées sociales majeures et zéro grève en cinq ans.
Le SEMPA-BMOD, qui regroupe 45 sociétés de manutention et gère 60% du commerce national, affiche des résultats concrets sur les cinq dernières années : Création de plus de 2 200 postes et Accès aux contrats à durée indéterminée (CDI) via le décret de 2019.
Grâce au recensement CNPS (prévoyance sociale), à la bancarisation des salaires et au respect des délégués du personnel, la structure s’aligne pleinement sur la législation du travail. Cette gouvernance participative a porté ses fruits : aucun mouvement de grève majeur n’a perturbé les ports depuis 2021.
« Le commerce maritime évolue rapidement avec les nouvelles technologies. Nous devons préparer les dockers ivoiriens à répondre aux standards internationaux », s’est-il voulu formel.
Pour adapter les compétences locales aux exigences du commerce maritime international, le syndicat annonce un investissement massif de plus d’un milliard de FCFA dans la formation professionnelle.
Cette modernisation technique s’accompagnera d’une refonte de la communication de l’organisation, notamment par le lancement d’un site internet, pour valoriser ce pilier stratégique de l’économie ivoirienne.
AP/Sf/APA







