Le Maroc a profité des premières Assises maritimes organisées à Tanger pour promouvoir une vision atlantique africaine fondée sur la connectivité, l’intégration régionale et la coopération économique.
Rabat cherche à positionner l’espace atlantique comme un corridor stratégique pour les échanges commerciaux, l’énergie et les infrastructures du continent africain.
Organisées sous le haut patronage du roi Mohammed VI, les premières Assises maritimes ont servi de plateforme au Maroc pour réaffirmer ses ambitions atlantiques et sa volonté de structurer un espace économique africain articulé autour des flux maritimes, énergétiques et logistiques. Placée sous le thème «Le Maroc, nation maritime émergente», cette rencontre a réuni responsables gouvernementaux, organisations internationales, autorités portuaires et acteurs économiques autour des enjeux liés à l’économie bleue et à la connectivité régionale.
Prenant la parole lors de la cérémonie d’ouverture, le secrétaire permanent du Processus des États africains atlantiques (PEAA) a défendu «une vision royale intégrée» reposant sur la complémentarité des initiatives africaines liées à l’Atlantique. Le responsable marocain a présenté le Processus des États africains atlantiques comme un cadre destiné à «fédérer les États africains riverains de l’Atlantique autour d’une vision commune et d’objectifs partagés».
Au-delà du discours institutionnel, Rabat cherche surtout à transformer l’Atlantique africain en espace économique structurant pour le commerce intra-africain, les corridors logistiques et les investissements portuaires. Cette orientation intervient alors que plusieurs pays africains tentent d’améliorer leur insertion dans les chaînes commerciales mondiales grâce au développement des infrastructures maritimes et énergétiques.
La question de l’accès des pays sahéliens à l’océan Atlantique a occupé une place centrale dans les discussions. Selon les données de la Banque mondiale citées lors des Assises, «les coûts du commerce pour ces pays sont plus de deux fois supérieurs à ceux des pays côtiers». Cette situation alimente les projets régionaux de corridors logistiques destinés à fluidifier les échanges et à réduire les coûts de transport dans l’espace ouest-africain.
Le Maroc tente parallèlement de consolider son rôle de plateforme régionale entre l’Afrique et les marchés internationaux. Le ministre marocain du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, a plaidé pour «un écosystème intégré» reposant sur une flotte compétitive, une logistique intermodale renforcée et une gouvernance modernisée.
Les discussions ont également mis en avant les limites persistantes de l’intégration commerciale africaine. Selon les données présentées lors de la rencontre, le commerce intra-africain représente environ 16% des échanges du continent, tandis que la part de l’Afrique dans le commerce mondial avoisine 3%. Ces indicateurs ont été utilisés pour souligner l’importance des infrastructures portuaires, énergétiques et logistiques dans la montée en puissance des économies atlantiques africaines.
Le projet de gazoduc Afrique-Atlantique figure parmi les piliers de cette stratégie régionale. Présenté comme un «levier essentiel pour renforcer la souveraineté énergétique des États africains atlantiques», ce corridor énergétique s’inscrit dans un contexte marqué par les tensions persistantes sur les marchés internationaux des hydrocarbures.
Rabat insiste également sur une approche africaine autonome de la gouvernance atlantique. Les responsables marocains ont défendu l’idée d’une coopération régionale construite autour de priorités définies par les États africains eux-mêmes, notamment sur les questions sécuritaires, énergétiques et climatiques affectant l’espace atlantique.
MK/AK/Sf/APA






