Le chef de l’État algérien appelle à un contrôle renforcé des données statistiques transmises à la présidence, en dénonçant des écarts entre rapports administratifs et réalité de terrain.
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a mis en garde, lors d’une conférence de presse diffusée par les médias publics, sur la fiabilité des rapports de développement qui lui sont transmis par différents canaux institutionnels. Il a affirmé recevoir «des rapports de 10 sources différentes» et averti que «celui qui me ment sur le développement ne fait que perdre son temps», une déclaration qui souligne la défiance exprimée au sommet de l’État vis-à-vis des données administratives.
Cette prise de position s’inscrit dans un contexte où la présidence affirme disposer de plusieurs niveaux de remontée d’informations permettant de recouper les indicateurs socio-économiques.
Le chef de l’État a insisté sur l’existence de mécanismes internes d’analyse et de vérification, estimant que «le monde est devenu ouvert et les vérités seront révélées et connues». Il a également rejeté toute possibilité d’isolement informationnel, affirmant s’être entouré de conseillers et d’experts sectoriels.
Sur le plan institutionnel, les données évoquées proviennent notamment de l’Office national des statistiques (ONS), chargé de la production des indicateurs macroéconomiques tels que l’inflation, la croissance ou encore les données démographiques. À ces flux s’ajoutent les rapports issus des ministères et de leurs services d’études et de planification, couvrant des secteurs comme la santé, l’éducation ou l’agriculture. Ces dispositifs forment l’ossature du système statistique public.
Les déclarations présidentielles interviennent toutefois dans un environnement où la consolidation et l’harmonisation des données publiques restent un enjeu récurrent de gouvernance. La multiplicité des sources administratives, combinée à des circuits de remontée sectoriels, alimente des écarts possibles dans l’interprétation des indicateurs et leur cohérence globale.
Dans ce cadre, la question de la fiabilité statistique apparaît centrale pour l’élaboration des politiques publiques. Les données officielles servent de base à la planification économique et sociale, tandis que leur qualité conditionne la lecture des performances sectorielles et l’ajustement des stratégies de développement.
MK/AK/Sf/APA







