Le gouvernement algérien multiplie les feuilles de route pour tenter de relancer une économie toujours dominée par les hydrocarbures.
Le gouvernement algérien a examiné plusieurs dossiers économiques lors d’une réunion présidée par le Premier ministre Sifi Ghrieb, consacrée notamment au commerce, aux énergies renouvelables et aux grands projets structurants. Officiellement, l’exécutif affirme vouloir moderniser l’économie et réduire la dépendance aux hydrocarbures.
Mais derrière ces annonces, de nombreuses interrogations persistent quant à la capacité réelle du pays à transformer ces ambitions en résultats tangibles.
Au cœur de la réunion figurait l’examen d’un avant-projet de loi modifiant la loi n°04-08 relative aux conditions d’exercice des activités commerciales. Le gouvernement présente ce texte comme une étape vers la modernisation du cadre légal, la numérisation des procédures administratives et l’amélioration de l’environnement des affaires.
Dans les faits, l’économie algérienne reste toutefois marquée par une bureaucratie lourde, un cadre réglementaire instable et une attractivité limitée pour les investisseurs étrangers, malgré les réformes régulièrement annoncées depuis plusieurs années.
La réunion a également porté sur l’élaboration des feuilles de route sectorielles couvrant la période 2026-2028. Ces plans concernent notamment l’énergie et les énergies renouvelables, le commerce extérieur, la promotion des exportations, l’économie de la connaissance ainsi que l’écosystème des start-up et des microentreprises.
Selon les autorités, ces secteurs doivent constituer les nouveaux moteurs d’une diversification économique que le pays poursuit depuis des décennies sans véritable rupture structurelle.
Dans le domaine énergétique, Alger affiche l’objectif de développer 15 gigawatts d’énergies renouvelables d’ici 2030, principalement dans le solaire photovoltaïque. Le gouvernement entend capitaliser sur son expérience dans les hydrocarbures pour se positionner comme un acteur régional de la transition énergétique.
Toutefois, ce programme reste largement à concrétiser. Les projets annoncés dans le solaire accumulent retards et difficultés de financement, tandis que l’économie nationale demeure fortement dépendante des recettes du pétrole et du gaz.
Les autorités mettent également en avant l’essor attendu de l’économie de la connaissance, avec un horizon fixé à 2028 pour accélérer le développement des start-up et renforcer l’intégration de la recherche scientifique dans le tissu productif. Là encore, le discours officiel se heurte à une réalité économique marquée par une faible industrialisation, un secteur privé limité et une fuite persistante des compétences vers l’étranger.
MK/AK/Sf/APA





