Le cumul des fonctions de député et de maire reste une pratique autorisée dans plusieurs pays africains, alimentant un débat entre ses défenseurs, qui y voient un levier d’efficacité, et ses opposants, qui dénoncent une concentration du pouvoir et des inégalités entre collectivités.
Alors que la France a interdit cette pratique en 2017, plusieurs pays africains, notamment le Sénégal, le Togo, le Bénin et la Côte d’Ivoire, permettent encore aux parlementaires d’exercer simultanément un mandat local.
Les partisans du cumul avancent qu’il favorise une meilleure coordination entre l’État et les collectivités territoriales. Selon eux, les élus disposant d’un accès direct aux institutions centrales peuvent plus facilement mobiliser des ressources et accélérer la mise en œuvre de projets de développement local.
En Côte d’Ivoire, le cas d’Amadou Koné illustre cette configuration. Ministre des Transports, député et maire de Bouaké depuis 2023, il est présenté par ses soutiens comme un exemple des bénéfices du cumul, à travers les investissements réalisés dans la ville. Ses détracteurs estiment toutefois que cette situation peut créer une différence de traitement entre les communes disposant d’élus proches du pouvoir central et les autres.
Au Togo, Meyebine Esso Gnassingbé cumule également un mandat parlementaire et la fonction de maire d’Amou-Oblo. Depuis son accession à la tête de cette commune, plusieurs infrastructures ont été réalisées, notamment dans les domaines de la santé, des routes, de l’électrification et de l’agriculture, avec le soutien de programmes publics.
Mais pour les opposants à cette pratique, le cumul risque d’affaiblir la démocratie locale en concentrant les responsabilités entre les mains d’un nombre limité d’acteurs. Ils soulignent aussi qu’il peut accentuer les disparités entre territoires selon la capacité d’influence des élus auprès des autorités nationales.
Des spécialistes de la décentralisation plaident plutôt pour un renforcement des ressources propres des collectivités et une meilleure répartition des financements publics. Selon eux, des collectivités mieux dotées seraient moins dépendantes du poids politique individuel de leurs dirigeants.
Le débat sur le cumul des mandats demeure ainsi lié à une question centrale de gouvernance : faut-il privilégier la proximité des élus avec l’État pour accélérer le développement local, ou renforcer l’autonomie des collectivités au nom de l’équité territoriale ?
ARD/te/Sf/APA







