Un rapport publié par l’organisation Kairos Fellowship accuse Google de contribuer massivement à la crise climatique, en raison de l’essor de ses technologies d’intelligence artificielle (IA) générative et de son manque de transparence environnementale.
Intitulé « Google’s Eco-Failures » (Les échecs écologiques de Google), le document met en lumière une hausse de 1 515 % des émissions totales de gaz à effet de serre de l’entreprise entre 2010 et 2024, selon les propres données publiées par Google. Les auteurs affirment que le géant technologique ne communique que sur ses émissions directes (scope 1), qui ne représentent qu’une infime partie (0,31 %) de son impact réel.
Le rapport dénonce également une augmentation de 820 % des émissions liées à l’électricité achetée (scope 2), principalement destinée à alimenter les centres de données sur lesquels repose l’IA générative. Ce modèle de croissance, jugé insoutenable, est aussi responsable d’une consommation excessive d’eau, passée de 2,5 à 11 milliards de gallons entre 2016 et 2024 — l’équivalent de l’usage domestique annuel de 750 000 foyers.
Par ailleurs, les auteurs critiquent le recours par Google à des technologies dites « sans carbone », comme les petits réacteurs nucléaires modulaires (SMR), estimant qu’il s’agit de solutions spéculatives, lentes à déployer et présentant des risques environnementaux majeurs.
« Derrière une communication soigneusement contrôlée, Google masque une empreinte écologique croissante et dangereuse », déplore Nicole Sugerman, co-auteure du rapport. Selon elle, l’entreprise « mise sur des technologies polluantes, tout en alimentant la désinformation et la surveillance à grande échelle ».
Le rapport appelle Google à une réduction drastique de ses consommations énergétiques, fossiles et hydriques, à une fin de la promotion de l’énergie nucléaire, ainsi qu’à une transparence complète sur son impact environnemental.
Kairos Fellowship insiste sur l’urgence de repenser le développement technologique en le plaçant au service de la justice environnementale, des droits humains et de la santé des communautés, plutôt qu’au profit exclusif des grandes entreprises.
TE/APA







