A l’heure où les marchés énergétiques mondiaux traversent une phase cruciale, la Côte d’Ivoire s’impose comme le laboratoire de la transition énergétique en Afrique. Abidjan accueille les 11 et 12 juin la troisième conférence de l’International Network on African Energy Transition (INAET).
La 3e édition de l’INAET, événement de premier plan, est co-organisée à Abidjan par le géant pétrolier italien Eni, le Groupe de la Banque mondiale et l’Université Luiss. Après Rome en 2023 et le Kenya en 2024, les 11 et 12 juin 2026.
La Côte d’Ivoire est devenue un hub énergétique incontournable à la suite des découvertes majeures par Eni des gisements Baleine et Calao. Au cœur des débats de cette édition se trouve un événement parallèle dédié aux biocarburants.
L’INAET met en lumière une première mondiale industrielle : la valorisation des graines d’hévéa en carburant vert. Et ce, afin que les graines d’hévéa, un trésor agricole autrefois ignoré, soient revalorisées dans le cadre de la transition énergétique.
La Côte d’Ivoire est le premier producteur africain de caoutchouc naturel et le quatrième mondial. Le pays a extrait 1,5 million de tonnes de latex en 2023, soit 9 % de la production globale. Cependant, les graines d’hévéa constituaient jusqu’alors un résidu agricole abandonné au sol.
Les recherches menées par Eni ont révélé que ces graines contiennent une huile végétale précieuse. Grâce à un partenariat avec la Fédération des producteurs d’hévéa de Côte d’Ivoire (FPH-CI) ce résidu est désormais racheté aux planteurs.
La faitière représente plus de 300 000 familles engagées dans la culture de l’hévéa. Cette initiative de développement circulaire n’entre pas en concurrence avec la chaîne alimentaire et préserve les forêts locales. Initié en juillet 2023, le projet affiche une croissance exponentielle.

Ce système permet d’obtenir une matière première capable d’assurer une réduction des émissions de CO₂ supérieure à 80 % par rapport aux combustibles fossiles traditionnels. De la collecte des graines à la production d’huile végétale
En octobre 2023, moins de trois mois après l’accord conclu avec la FPH-CI, le premier lot d’huile issue de graines d’hévéa a été produit. En juin 2025, Eni a annoncé la première exportation vers les bioraffineries Enilive pour la production de biocarburants avancés.
Le projet a connu une croissance significative : en 2024, plus de 160 coopératives ont collecté 17 000 tonnes de graines. En 2025, le nombre de coopératives a dépassé 200, avec plus de 60 000 tonnes de graines récoltées.
Pour garantir la durabilité du projet, Eni utilise un système de traçabilité numérique de bout en bout. La filière est certifiée conforme aux normes européennes RED (Renewable Energy Directive). Elle garantit l’absence de déforestation et permet d’atteindre une réduction des émissions de CO₂ supérieure à 80 % par rapport aux carburants fossiles.
Ce projet dénommé « agri-feedstock » génère d’importants revenus additionnels directs pour les agriculteurs ivoiriens. Il crée également de nouveaux emplois dans la collecte, la logistique et la transformation industrielle.
De plus, les sous-produits de l’extraction de l’huile sont recyclés localement. La farine brute d’hévéa fait l’objet d’un programme de recherche et développement avec les universités italiennes de Naples (Federico II) et de Bologne pour être convertie en base protéique pour l’alimentation animale.
Les résidus servent aussi de combustible pour des initiatives de cuisson propre (clean cooking) liées à des programmes de compensation carbone. Eni, qui emploie 32 000 personnes dans 62 pays et opère en Côte d’Ivoire depuis 2015.
Ce partenariat ouvre la voie à d’autres innovations agro-industrielles durables, alliant décarbonation globale et croissance économique locale. Cette initiative a un impact positif tant sur le plan environnemental, en améliorant la gestion des plantations d’hévéa et en réduisant les émissions de CO2.
L’entreprise s’engage également à promouvoir le développement durable sur les plans social et économique à travers des initiatives dans les secteurs des biocarburants, de l’éducation, de la formation, de la santé, de la diversification économique et du développement de l’entrepreneuriat local.
AP/Sf/APA






