Le Palais des congrès du Sofitel Hôtel Ivoire a vibré, ce jeudi 11 juin 2026, au rythme du cinquantenaire de l’École Supérieure de Commerce d’Abidjan (ESCA). Devant un parterre de plusieurs centaines d’alumni, de décideurs, de membres du gouvernement et d’universitaires, cette célébration s’est muée en un plaidoyer pour ériger l’ESCA en une Business School de standard international.
Un demi-siècle après sa fondation par le président Félix Houphouët-Boigny, l’institution s’apprête à franchir un cap historique pour s’imposer comme un levier majeur de la souveraineté éducative de la Côte d’Ivoire.
Depuis 1975, l’École supérieure de commerce d’Abidjan s’est imposée comme le moule des bâtisseurs de l’économie ivoirienne et sous régionale. Elle a formé des générations de leaders capables de piloter des institutions de premier plan.
Thierry Tanoh, major de la promotion 1985, ancien ministre du Pétrole et ex-vice-président de la Société Financière Internationale (Groupe Banque mondiale), a, dans une allocution empreinte de leadership, rappelé l’essence même de cette école.
« Notre devoir n’est pas de faire de l’ESCA la copie d’Harvard ou de la London School of Economics, mais de faire de l’ESCA ce que ces grandes universités sont chez elles : un levier de souveraineté, un aimant à talent, un ambassadeur de notre nation », a déclaré Thierry Tanoh.

Pour Jérôme Patrick Achi, président de l’Assemblée nationale et parrain de la cérémonie, la transformation de l’établissement en une véritable « ESCA Business School » n’est plus une simple ambition, mais une urgence nationale.
Jérôme Patrick Achi qui a confié avoir fait une Business school aux Etats-Unis, a porté ce plaidoyer avec force, appelant à bousculer les verrous administratifs et textuels pour doter le pays d’une Business School aux standards mondiaux.
Le président de l’Assemblée nationale a tracé la feuille de route de l’école pour les cinquante prochaines années. Selon lui, la future ESCA Business School doit conquérir de nouveaux espaces : moderniser ses formations, sceller des partenariats étroits avec le secteur privé et stimuler la recherche scientifique pour nourrir la réflexion économique africaine.
Cette mutation est d’autant plus cruciale que le marché de l’emploi fait face aux bouleversements de l’intelligence artificielle générative, qui menace près de 40 % des emplois mondiaux. « Les nations qui domineront ces compétences domineront leur destin. L’ESCA doit former les leaders capables de transformer le savoir en impact », a martelé Jérôme Patrick Achi.
Le vice-Premier ministre, ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, représentant le vice-président de la République Tiémoko Meyliet Koné, a officiellement ouvert les travaux. Il a réaffirmé que sous la vision du président Alassane Ouattara, la formation de la jeunesse demeure la priorité absolue de l’État.
S’adressant aux étudiants, il les a exhortés à incarner l’intégrité et l’excellence pour rester de fiers ambassadeurs de l’institution. Sous la houlette d’Emmanuel Essis, président du Comité d’Organisation (alumni 1983), l’événement s’articule autour de quatre axes majeurs.

L’évènement sera meublé par un forum stratégique sur les compétences, dirigé par Jean Kacou Diagou ; uue foire emploi-entrepreneuriat, pilotée par le ministre Mamadou Touré ; un concours de pitch dénommé ESCA IMPACT 50 pour valoriser la jeunesse ; et une nuit du réseau pour resserrer les liens de la communauté des alumni.
Cette alliance entre le monde académique et le secteur privé s’est matérialisée dès la première journée par la signature de conventions cadres majeures entre la Senior ESCA, la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI, Patronat ivoirien) et le Groupe NSIA.
Jean Kacou Diagou, président du groupe de banque-assurance NSIA et ancien de l’école a déclaré : « il n’y a pas de grande nation sans de grandes écoles performantes ». Il a formulé le vœu de voir les chefs d’entreprise s’impliquer directement dans l’enseignement pour allier théorie et pratique.
Les travaux, qui se poursuivent jusqu’au 12 juin 2026, déboucheront sur des outils hautement stratégiques : un livre blanc de recommandations de politique publique, le lancement d’un projet d’école verte, ainsi qu’un recueil de contributions intitulé « 50 idées pour la nation ».
L’École Supérieure de Commerce d’Abidjan (ESCA). ne célèbre pas seulement son passé, elle dessine activement le futur économique de la Côte d’Ivoire.
AP/APA






