Les discussions pour la libération de huit marins égyptiens retenus par des pirates somaliens ont échoué après que les ravisseurs ont réclamé une rançon plus élevée que celle initialement acceptée, selon le syndicat des officiers de marine égyptiens.
Les négociations engagées pour obtenir la libération de huit marins égyptiens capturés au large de la Somalie ont connu un revers majeur, les pirates ayant renoncé à un accord conclu précédemment et exigé une augmentation de la rançon, a indiqué mardi le président du syndicat des officiers de marine égyptiens, El-Sayed El-Shazly. Les marins faisaient partie de l’équipage du pétrolier M/T Eureka, attaqué le 2 mai alors qu’il naviguait entre les Émirats arabes unis et le Yémen.
Selon les déclarations rapportées par le quotidien égyptien Al-Masry Al-Youm, les ravisseurs avaient initialement accepté un arrangement financier négocié avec l’armateur du navire, Royal Shipping Lines Inc, société basée aux Émirats arabes unis. Le syndicat affirme travailler en coordination avec le ministère égyptien des Affaires étrangères afin de relancer les efforts de médiation.
Des proches des marins ont confirmé que les discussions étaient revenues à leur point de départ. Ahmed Shaaban, frère du chef cuisinier du navire, a indiqué qu’un accord portant sur le versement de 2 millions de dollars avait été trouvé avant que les pirates ne réclament davantage. Les familles dénoncent une détérioration de la situation alors que les négociations semblaient proches d’aboutir.
L’inquiétude s’est accentuée après la diffusion, le 18 mai, d’une vidéo montrant les marins égyptiens ligotés et les yeux bandés. Le syndicat a toutefois assuré que les membres d’équipage étaient toujours en vie et que certains avaient pu entrer brièvement en contact avec leurs proches. Le navire et son équipage seraient retenus près de la région semi-autonome du Puntland, dans le nord-est de la Somalie.
Le M/T Eureka, pétrolier de 88 mètres battant pavillon togolais, avait quitté le port de Fujaïrah avant son interception. Détourné vers les côtes somaliennes après sa capture dans les eaux yéménites, il n’émet plus de signal de localisation. Les plateformes spécialisées de suivi maritime indiquent que sa trace a été perdue en mer d’Arabie depuis plus de deux semaines.
Cet enlèvement intervient alors que les actes de piraterie connaissent une nouvelle progression dans la région depuis fin 2023. Plusieurs observateurs attribuent cette évolution au redéploiement d’une partie des moyens navals internationaux vers la mer Rouge afin de répondre aux attaques menées contre la navigation commerciale. Ce repositionnement a réduit la présence sécuritaire dans certaines zones du bassin somalien, favorisant le retour d’opérations de piraterie. Le pétrolier Honor 25 avait également été attaqué dans la même zone le 22 avril.
MK/AK/Sf/APA






