Le passage du cyclone Fytia à Madagascar a provoqué d’importantes inondations et des dégâts considérables dans le nord-ouest de l’île, accentuant la vulnérabilité d’une population déjà éprouvée par des crises politiques, économiques et climatiques à répétition.
Le cyclone Fytia a laissé derrière lui un paysage de désolation. En traversant Madagascar durant le week-end, la tempête tropicale a déclenché de vastes inondations et causé d’importantes destructions dans le nord-ouest du pays.
Selon une mise à jour du Bureau des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), le bilan humain reste provisoire : au moins sept personnes ont perdu la vie, une autre est portée disparue et plusieurs blessés ont été recensés. Plus de 20 000 personnes ont été déplacées, contraintes d’abandonner des habitations devenues inhabitables.
Les premières évaluations font état de plus de 14 000 maisons inondées, endommagées ou détruites. Environ 250 salles de classe ont également été touchées, perturbant la scolarité de milliers d’enfants. Les fortes pluies ont par ailleurs atteint la capitale, Antananarivo, soulignant une nouvelle fois la vulnérabilité des infrastructures face à des épisodes climatiques de plus en plus violents.
Face à l’urgence, les autorités ont engagé des opérations de secours. « Le gouvernement dirige les interventions et a déployé une aide alimentaire dans les zones touchées », a indiqué le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, lors de son point de presse quotidien à New York. Plusieurs centaines de tonnes de vivres ont été acheminées vers les districts affectés.
Mais la réponse humanitaire se heurte à de fortes contraintes. Les stocks prépositionnés disponibles restent limités, et les acteurs de la sécurité alimentaire alertent sur l’absence de réserves suffisantes pour soutenir durablement l’effort d’urgence. L’accès aux zones les plus sinistrées constitue un autre défi majeur : les districts de Soalala et Mitsinjo ne sont pour l’instant accessibles que par voie aérienne. Une évaluation aérienne est prévue afin d’identifier les besoins prioritaires.
Les pluies persistantes et l’état de la mer continuent toutefois de compliquer les opérations de reconnaissance et l’acheminement de l’aide, ralentissant une réponse déjà sous tension.
Cette catastrophe intervient dans un contexte politique instable. Depuis fin septembre, Madagascar est secouée par des manifestations dénonçant notamment les coupures d’électricité et d’eau, la corruption et la dégradation des conditions de vie. Ces troubles ont conduit, le 14 octobre, à la destitution du président Andry Rajoelina par l’Assemblée nationale, suivie de l’instauration d’une transition militaire. En réaction, l’Union africaine a suspendu le pays de ses instances.
Madagascar fait face depuis plusieurs années à une crise humanitaire persistante, notamment dans les régions du Grand Sud et du Grand Sud-Est. Selon l’OCHA, ces zones ont été frappées par une succession de sécheresses, de cyclones et d’épidémies, aggravant l’insécurité alimentaire.
DM/Sf/APA







