Le crash d’un avion militaire près d’Alger, qui a coûté la vie à quatre membres d’équipage, ravive les interrogations sur la sécurité aérienne et l’état du parc militaire algérien.
Le bilan du crash d’un avion de transport militaire survenu jeudi sur la base aérienne de Boufarik, à une cinquantaine de kilomètres au sud d’Alger, s’est alourdi à quatre morts, selon un communiqué du ministère algérien de la Défense nationale publié vendredi. L’appareil, un Beechcraft BE-1900, s’est écrasé peu après son décollage avec six membres d’équipage à bord, relevant de la 1re Région militaire.
Dans un premier temps, deux membres de l’équipage avaient trouvé la mort sur le coup, tandis que deux autres avaient été grièvement blessés. Transportés à l’hôpital militaire central d’Aïn Naâdja, à Alger, ils ont succombé à leurs blessures le lendemain malgré l’intervention des équipes médicales. Deux autres militaires ont survécu à l’accident. Les circonstances exactes du crash font l’objet d’une enquête ouverte par les autorités militaires.
Le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), le général d’armée Saïd Chanegriha, s’est rendu au chevet des blessés avant leur décès et a présenté ses condoléances aux familles des victimes. Dans son communiqué, le ministère de la Défense évoque des « martyrs » et exprime la « profonde compassion » de l’institution militaire envers les proches des disparus.
Au-delà de l’émotion officielle, ce nouvel accident relance les interrogations sur la sécurité du transport militaire en Algérie, régulièrement marqué par des incidents ou des crashs ces dernières années. Le cas le plus marquant reste celui d’avril 2018, lorsqu’un avion de transport militaire Il-76 s’était écrasé à Boufarik peu après son décollage, provoquant la mort de 257 personnes, l’une des pires catastrophes aériennes militaires au monde.
Ces accidents successifs alimentent les critiques de certains observateurs sur la gestion et la maintenance du parc aérien militaire, composé d’appareils d’origines diverses – russes, occidentales ou chinoises – dont l’entretien et la modernisation représentent un défi technique majeur. Malgré des budgets de défense parmi les plus élevés d’Afrique, l’armée algérienne reste confrontée à la complexité logistique d’une flotte hétérogène et parfois vieillissante.
Dans ce contexte, l’accident de Boufarik s’inscrit dans une série d’événements qui mettent en lumière les fragilités d’un appareil militaire pourtant doté de moyens financiers considérables. Les résultats de l’enquête seront déterminants pour établir les causes exactes du crash, mais ils devraient également raviver le débat sur la sécurité opérationnelle et la transparence autour des accidents militaires dans le pays.
MK/AK/Sf/APA






