Des milliers d’habitants ont manifesté samedi à Relizane, dans le nord-ouest de l’Algérie, pour dénoncer l’inaction des autorités face aux conséquences d’inondations meurtrières, avant une intervention des forces de l’ordre, selon des témoignages et des images diffusées en ligne.
À Relizane, chef-lieu de wilaya situé à environ 285 kilomètres à l’ouest d’Alger, des rassemblements ont réuni samedi des habitants venus de plusieurs communes, selon des vidéos largement partagées sur les réseaux sociaux. Les manifestants ont dénoncé la dégradation de leurs conditions de vie après des crues ayant endommagé des infrastructures, provoqué des coupures d’électricité et perturbé l’approvisionnement en produits de base. La wilaya se trouve entre Tlemcen et Oran.
Les protestataires réclamaient notamment le rétablissement des services essentiels — eau potable, électricité et carburant — ainsi que l’accès à des denrées de première nécessité, selon les mêmes sources. Ils ont également demandé des mesures urgentes de relogement après des effondrements d’habitations signalés ces derniers jours. Mercredi, un enfant est décédé après avoir été emporté par les crues de l’oued Rouaihia, ont rapporté des habitants.
Selon des témoignages recueillis sur place et des images diffusées en ligne, les forces de l’ordre sont intervenues pour disperser les rassemblements. Des unités de sécurité ont été déployées dans la ville, pour une réponse musclée des autorités face aux manifestations.
Sur le plan officiel, les annonces publiques sont restées limitées. Le wali de Relizane a évoqué des mesures futures de protection contre les inondations. Il y a deux semaines, le ministre de l’Intérieur, Saïd Sayoud, a effectué une visite à Relizane et formulé des engagements, selon des déclarations rapportées par des sources locales, sans calendrier précis de mise en œuvre.
Ces événements interviennent dans un contexte de mécontentement social plus large lié à la hausse du coût de la vie et aux conséquences d’intempéries répétées dans plusieurs régions du pays. Des manifestants ont mis en cause la gestion des crises par les autorités et critiqué le discours officiel de « nouvelle Algérie » porté par le président Abdelmadjid Tebboune.
Les médias publics algériens n’ont pas fourni de bilan détaillé des incidents à Relizane. De leur côté, les autorités n’ont pas communiqué sur d’éventuelles interpellations ni sur l’ampleur exacte du dispositif de sécurité déployé.
MK/AK/Sf/APA






