Profitant du World Law Congress, les juristes marocains ont valorisé le cadre juridique du Royaume, mais ont aussi réaffirmé la solidité du Plan d’autonomie comme solution crédible, pragmatique et conforme aux standards du droit international au différend autour du Sahara marocain.
Le Maroc a profité du prestigieux World Law Congress, tenu du 4 au 6 mai à Saint-Domingue, pour mettre en avant son approche juridique et réaffirmer la pertinence du Plan d’autonomie dans les provinces du Sud. À travers une délégation de juristes de haut niveau, le Royaume a souligné ses avancées en matière de droits humains, de régionalisation avancée et de gouvernance démocratique.
Organisée par la World Jurist Association (WJA) et la World Law Foundation (WLF), la 29e édition du congrès mondial du droit a réuni plus de 300 personnalités issues de 70 pays sous le thème : « Nouvelles générations et État de droit : forger l’avenir ».
La cérémonie d’ouverture, accueillie par l’Université autonome de Saint-Domingue, s’est déroulée en présence de la vice-présidente de la République dominicaine, Raquel Peña, qui a insisté sur le rôle de la jeunesse et de la technologie dans l’accès à la justice. Le président de la WJA, Javier Cremades, a, de son côté, alerté sur les menaces croissantes pesant sur la démocratie à l’échelle mondiale.
Parmi les intervenants internationaux, la délégation marocaine s’est distinguée par la richesse de ses contributions. Composée notamment de Zaina Chahim, avocate et présidente de la Commission des finances au Parlement, des professeurs Zakaria Abouddahab, Abdelaziz Laaroussi et Hamid Aboulass, elle a su projeter l’expérience marocaine dans une dynamique de réforme et d’ouverture.
Dans un panel dédié à la dignité humaine, Me Chahim a mis en lumière le Nouveau modèle de développement des provinces du Sud, en soulignant la participation active des femmes sahariennes dans la gouvernance locale et les mécanismes de protection des droits humains via les commissions régionales du CNDH à Laâyoune et Dakhla. Elle a insisté sur le lien fondamental entre intégrité territoriale, développement inclusif et droits fondamentaux.
Le professeur Zakaria Abouddahab est revenu sur les transitions constitutionnelles dans le monde arabe, en situant le Plan marocain d’autonomie de 2007 comme une initiative conforme au droit international, ancrée dans la Charte des Nations Unies et les principes dégagés par la Cour internationale de justice. Il l’a présenté comme une forme d’autodétermination interne fondée sur la participation démocratique et la gouvernance territoriale.
De son côté, le constitutionnaliste Hamid Aboulass a défendu le modèle de régionalisation avancée comme pilier de la démocratie locale au Maroc. Il a souligné la progressivité du transfert des compétences aux collectivités territoriales, les mécanismes de reddition des comptes et la légitimité électorale des acteurs locaux. Selon lui, le Plan d’autonomie s’inscrit dans cette continuité, en réponse aux enjeux géopolitiques de la région.
Enfin, Abdelaziz Laaroussi a exploré le concept de dignité humaine à l’aune des défis démocratiques actuels. En s’appuyant sur une lecture africaine fondée sur les valeurs communautaires, il a illustré l’expérience marocaine par les réformes post-2011, la consolidation des droits dans les provinces du Sud, et le rôle des politiques publiques intégrées dans la garantie du droit à la dignité.
La cérémonie de clôture, présidée par le président dominicain Luis Abinader et le roi Felipe VI d’Espagne, a été marquée par la remise du Prix mondial de la paix et de la liberté à la juge américaine Sonia Sotomayor, figure emblématique de la Cour suprême des États-Unis.
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