Les États-Unis ont annoncé, ce jeudi, des sanctions contre trois commandants des Forces de soutien rapide (RSF), un groupe paramilitaire soudanais, pour leur rôle dans de graves atrocités commises lors du siège et de la prise d’El-Fasher, dans l’ouest du Soudan, a indiqué le département américain du Trésor.
Dans un communiqué, l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), relevant du Trésor américain, précise que les personnes visées par les sanctions annoncées ont participé à une campagne marquée par des meurtres ethniques, des actes de torture, des violences sexuelles et l’utilisation de la famine comme arme de guerre contre les civils dans la ville d’El-Fasher, au Darfour du Nord.
« Les États-Unis appellent les Forces de soutien rapide à s’engager immédiatement en faveur d’un cessez-le-feu humanitaire. Nous ne tolérerons pas cette campagne de terreur et de violences insensées au Soudan », a déclaré le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, mettant en garde contre les risques de déstabilisation régionale liés à la poursuite du conflit.
Les sanctions américaines font suite à des mesures similaires prises par le Royaume-Uni et l’Union européenne en décembre 2025 et janvier 2026. Washington affirme agir en coordination avec la communauté internationale pour favoriser une paix durable dans un pays plongé dans une guerre civile opposant les RSF aux Forces armées soudanaises depuis avril 2023.
Selon les autorités américaines, entre mai 2024 et octobre 2025, les RSF ont maintenu un siège quasi total sur El-Fasher, capitale du Darfour du Nord et dernier bastion des forces gouvernementales dans la région.
Cette opération aurait piégé environ 260 000 civils, entraînant pénuries alimentaires, épidémies et famine. Après la prise complète de la ville, le 26 octobre 2025, les violences se seraient intensifiées, avec des exécutions sommaires, des détentions massives et des violences sexuelles ciblant des civils en fonction de leur origine ethnique.
Parmi les personnes sanctionnées figure Elfateh Abdullah Idris Adam, surnommé « Abu Lulu », accusé d’avoir exécuté des civils et des combattants capturés, ainsi que deux autres commandants des RSF, impliqués dans la conduite des opérations à El-Fasher.
Les sanctions entraînent le gel de tous les avoirs des personnes désignées se trouvant aux États-Unis ou sous contrôle de ressortissants américains, ainsi que l’interdiction de toute transaction avec elles. Le Trésor américain avertit que toute violation de ces mesures peut exposer les contrevenants à des sanctions civiles ou pénales.
Le conflit soudanais est considéré par les Nations Unies comme la pire crise humanitaire en cours dans le monde, avec plus de 150 000 morts et plus de 14 millions de personnes déplacées.
ARD/Sf/APA







