Le ministre burundais des Affaires étrangères, de la Coopération au développement et de l’Intégration régionale, Edouard Bizimana, a appelé mardi à Addis-Abeba à une Afrique plus autonome, mieux représentée dans les instances internationales et davantage capable de défendre ses intérêts.
S’exprimant à l’ouverture de la 49ème session ordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine (UA), qu’il préside, le ministre burundais des Affaires étrangères, Edouard Bizimana a estimé que le continent traverse une période « particulièrement déterminante » de son histoire, marquée notamment par les conflits, le changement climatique, les difficultés économiques, le chômage des jeunes et les enjeux liés à l’industrialisation.
Il a toutefois souligné les avancées enregistrées par l’Afrique sur la scène internationale, notamment son intégration au G20, qu’il a qualifiée d’« étape historique ».
Le ministre burundais a parallèlement plaidé pour une représentation juste et permanente de l’Afrique au Conseil de sécurité des Nations unies.
« L’Afrique ne demande pas une place, elle réclame la place qui lui revient », a-t-il déclaré, appelant les Etats membres à poursuivre la défense du Consensus d’Ezulwini et de la Déclaration de Syrte, qui constituent la position africaine commune sur la réforme du Conseil de sécurité.
Pour lui, le continent doit également passer du statut de « consommateur de règles » à celui de « producteur de normes » et devenir un véritable « partenaire de solutions » dans la gouvernance mondiale.
Le financement de l’Union africaine
Edouard Bizimana a également insisté sur la nécessité de renforcer l’autonomie financière de l’UA.
Il a annoncé que le Burundi avait intégré dans sa loi budgétaire nationale le prélèvement de 0,2 % sur les importations éligibles, conformément aux décisions de l’organisation continentale sur son financement.
Cette mesure constitue, selon lui, une expression concrète de l’engagement en faveur de l’intégration africaine et devrait encourager les autres Etats membres à faire de même.
« Investir dans l’Union africaine, c’est investir dans notre propre avenir », a-t-il affirmé.
Le président du Conseil exécutif a, par ailleurs, appelé au maintien du consensus comme méthode de travail au sein de l’organisation.
« Le consensus n’est pas un signe de faiblesse. Il est l’expression de notre maturité politique », a-t-il déclaré, invitant les Etats membres à privilégier le dialogue, l’écoute et le compromis.
Il a enfin salué le travail préparatoire effectué par le Comité des représentants permanents (COREP) et exprimé sa gratitude à l’Ethiopie pour son accueil.
La 49ème session ordinaire du Conseil exécutif de l’UA, ouverte mardi à Addis-Abeba, doit notamment examiner les recommandations issues des travaux préparatoires du COREP et préparer la 8ème Réunion de coordination à mi-parcours prévue en octobre à El Alamein, en Egypte.
TE/Sf/APA







