La revue américaine The Geopolitics accuse l’Algérie d’exercer une influence déterminante sur la Tunisie, dans le but d’entraver toute dynamique d’intégration régionale au Maghreb.
Selon l’analyse de « The Geopolitics » publiée cette semaine, la stratégie algérienne d’emprise sur la Tunisie contribuerait à maintenir la rivalité avec le Maroc et à freiner la stabilité du nord de l’Afrique.
L’article souligne que le système politique algérien « repose sur une idéologie nationaliste anti-marocaine » utilisée comme fondement de légitimité interne, rendant tout rapprochement avec Rabat « fragile et réversible ». Cette posture structurelle empêcherait toute détente durable, même lorsque les deux pays coopèrent ponctuellement avec Washington sur les dossiers sécuritaires ou énergétiques.
D’après The Geopolitics, Alger « traite la Tunisie comme une province de facto », exploitant sa vulnérabilité économique et diplomatique pour en faire « un levier de pression » contre le Maroc et contre tout projet d’union maghrébine. L’étude, intitulée « Peace contagion and strategic prosperity in North Africa: Why it begins in Tunisia », rappelle qu’après la révolution tunisienne de 2011, la région semblait prête à s’ouvrir à une ère d’intégration économique avant de retomber dans la fermeture et l’autoritarisme.
Le virage opéré par le président Kaïs Saïed, marqué par une concentration du pouvoir et un isolement international croissant, aurait selon la revue « affaibli la neutralité diplomatique » de Tunis, en l’alignant progressivement sur Alger, notamment dans le dossier du Sahara. L’accueil officiel réservé au chef du Front Polisario, Brahim Ghali, serait ainsi perçu comme un symbole du rapprochement tunisien avec la position algérienne.
Pour Washington, souligne encore la publication, la stabilité du Maghreb dépendrait désormais d’un « axe réformiste Rabat–Tunis », capable de relancer la modernisation économique et l’ouverture vers les États-Unis ainsi que les pays signataires des Accords d’Abraham. Ce projet, soutenu par l’émissaire américain Steve Witkoff, viserait à rétablir un dialogue algéro-marocain sous deux mois, tout en réduisant la dépendance tunisienne vis-à-vis d’Alger.
The Geopolitics conclut que sans une Tunisie « affranchie de la tutelle algérienne », toute trêve entre Rabat et Alger restera précaire. À l’inverse, une Tunisie souveraine et réformée pourrait initier ce que la revue appelle un « effet de contagion pacifique », transformant la rivalité maghrébine en moteur de prospérité partagée.
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