Au sommet de Doha, Abdelmadjid Tebboune a livré, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, un message de soutien appuyé au Qatar. Derrière la rhétorique enflammée, le discours illustre surtout l’écart persistant entre la parole diplomatique algérienne et son incapacité à peser réellement sur les dossiers régionaux.
Absent physiquement du sommet arabo-islamique d’urgence, Abdelmadjid Tebboune a choisi de déléguer la lecture de son message au ministre Ahmed Attaf. Fidèle à son registre habituel, le chef de l’État algérien a multiplié les formules grandiloquentes, évoquant « l’agression ignoble » contre le Qatar, fustigeant l’« arrogance » israélienne et appelant à une « sécurité collective indivisible ».
Cette mise en scène de solidarité avec Doha, présentée comme une posture de fermeté, interroge pourtant. L’Algérie, fragilisée par une économie dépendante des hydrocarbures et confrontée à une contestation sociale récurrente, peine à traduire ses déclarations diplomatiques en initiatives concrètes. En se posant en défenseur du Qatar, Alger cherche avant tout à se replacer dans le jeu régional, alors que ses relations avec ses voisins restent tendues, du Maroc au Sahel.
Le recours systématique à un discours dénonciateur, où se mêlent condamnations de l’« hégémonie » et appels incantatoires à l’unité arabe, ne masque pas l’isolement croissant du régime. L’Algérie reste largement absente des médiations régionales, marginalisée face au poids croissant d’autres acteurs tels que la Turquie, l’Iran ou encore le Maroc, qui multiplient les initiatives diplomatiques concrètes.
En insistant sur une « communauté internationale désormais convaincue » de la nécessité de sanctions contre Israël, Tebboune entretient l’illusion d’un consensus inexistant. La réalité demeure celle d’une Algérie qui, faute de relais solides et de crédibilité économique, ne parvient pas à transformer ses envolées verbales en influence réelle.
À Doha, le président algérien a réaffirmé son soutien au Qatar « avec sincérité et loyauté ». Mais cette loyauté reste symbolique, réduite à des mots, sans traduction en actes. L’Algérie persiste dans une diplomatie de tribune, qui peine à convaincre au-delà de ses frontières et révèle plus ses fragilités internes qu’une véritable stratégie d’influence.
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