Le président taïwanais Lai Ching-te a annulé une visite officielle en Eswatini après que trois pays de l’océan Indien ont retiré l’autorisation de survol de son avion.
Selon Taipei, la décision d’annuler le voyage du président en Eswatini aurait été prise sous une forte pression de Pékin.
Les Seychelles, Maurice et Madagascar ont en effet révoqué leurs autorisations initiales, une situation inédite qui contraint pour la première fois un dirigeant taïwanais à renoncer à un déplacement à l’étranger pour ce motif.
Lai Ching-te devait se rendre en Eswatini, seul allié diplomatique de Taïwan sur le continent africain, afin de participer aux célébrations marquant le 40ᵉ anniversaire de l’accession au trône du roi Mswati III.
Ce royaume figure parmi la douzaine de pays qui reconnaissent encore officiellement Taipei, un cercle qui ne cesse de se réduire à mesure que la Chine intensifie ses efforts pour isoler Taïwan sur la scène internationale.
D’après des responsables taïwanais, les trois États concernés auraient cédé à des pressions économiques et politiques exercées par Pékin. La Chine a rejeté ces accusations, saluant au contraire leur respect du principe d’une seule Chine, selon lequel Taïwan fait partie intégrante de son territoire. Les Seychelles et Madagascar ont d’ailleurs confirmé leur position, affirmant ne pas reconnaître Taïwan.
Cet épisode s’inscrit dans un climat de tensions persistantes entre Pékin et Taipei. La Chine considère l’île comme une province rebelle et n’exclut pas l’usage de la force pour la réunifier.
Depuis son entrée en fonction en 2024, Lai Ching-te est régulièrement critiqué par les autorités chinoises, qui l’accusent de déstabiliser la région.
Dans un message publié sur X, le président taïwanais a dénoncé des « actions coercitives » de la Chine, estimant qu’elles illustrent les menaces que les régimes autoritaires font peser sur l’ordre international. Il a également affirmé que « ni les menaces ni les pressions ne feront reculer la détermination de Taïwan à s’engager sur la scène internationale ».
De son côté, l’Eswatini a exprimé ses regrets face à cette annulation, tout en assurant que cela n’affecterait pas les relations solides et anciennes entre les deux pays. En Chine, le Bureau des affaires taïwanaises a salué la décision des trois États, tandis que le ministère des Affaires étrangères a réitéré que le « soi-disant président de la République de Chine n’existe pas », en référence au titre officiel de Lai.
Au-delà de cet incident, cette annulation illustre le rétrécissement progressif de l’espace diplomatique de Taïwan, confronté à une pression croissante de Pékin pour limiter ses relations internationales et les déplacements de ses dirigeants.
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