La désignation de l’ambassadeur marocain Omar Hilale à la tête de la Commission pour la consolidation de la paix consacre l’engagement du Royaume en faveur de la diplomatie préventive, de la médiation et de la reconstruction post-conflit au sein du système multilatéral.
L’ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès de l’Organisation des Nations Unies, Omar Hilale, a été élu par acclamation, jeudi à New York, président de la Commission de consolidation de la paix (Peacebuilding Commission, PBC) pour l’année 2026, ont indiqué des sources onusiennes. Cette élection intervient dans un contexte international marqué par la multiplication des crises et le recul du consensus multilatéral.
Le choix porté sur le Royaume du Maroc est présenté comme une reconnaissance de son engagement constant en faveur de la paix et de la stabilité internationales, dans le sillage des initiatives menées sous l’impulsion de Mohammed VI. Selon les Nations Unies, cette confiance repose notamment sur l’implication de longue date du Maroc dans les opérations de maintien de la paix, ainsi que sur son rôle actif en matière de diplomatie préventive, de médiation et de coopération Sud-Sud.
Dans son discours inaugural, M. Hilale a décliné les priorités de la présidence marocaine, articulées autour d’une approche mettant l’expertise régionale et l’appropriation nationale au cœur des processus de consolidation de la paix. « Notre présidence puisera dans les expériences de chaque région », a-t-il souligné, citant l’expertise africaine en matière de consolidation de la paix, les processus de justice transitionnelle développés en Amérique latine et les traditions asiatiques de dialogue communautaire et de recherche du consensus.
Le diplomate marocain a dressé un constat alarmant de la situation internationale, évoquant « une crise de la paix sans précédent ».
Selon lui, plus de 130 conflits armés sont actuellement recensés dans le monde, soit le double d’il y a quinze ans. « Derrière ces chiffres, deux milliards de personnes vivent sous la menace quotidienne de la violence, dont 305 millions dépendent d’une assistance humanitaire d’urgence pour leur survie », a-t-il déclaré devant les membres de la Commission.
La présidence marocaine coïncidera avec la célébration, en juin prochain, de la première « Semaine de la consolidation de la paix », décidée par l’Assemblée générale de l’ONU. Cette initiative vise à renforcer la sensibilisation internationale aux enjeux de la paix durable, à promouvoir le partage de bonnes pratiques entre régions et à mobiliser l’attention politique ainsi que les ressources financières nécessaires.
La session inaugurale a été marquée par la lecture d’un message du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et par la participation de la présidente de l’Assemblée générale, aux côtés des membres du Comité organisationnel de la Commission. Créée en 2005 par l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité, la Commission de consolidation de la paix constitue un organe consultatif clé du dispositif onusien. Composée de 31 membres, dont les membres permanents du Conseil de sécurité, les principaux contributeurs financiers et les grands pays fournisseurs de contingents, elle vise à renforcer la cohérence de l’action internationale en faveur des pays sortant de conflit.
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