Une délégation de haut niveau de la République démocratique du Congo (RDC), conduite par le ministre des Hydrocarbures, Simplice Stev Onanga, est arrivée au Nigéria pour étudier le modèle de contenu local mis en place par le Nigerian Content Development and Monitoring Board (NCDMB) dans le secteur pétrolier et gazier.
Le ministre d’État nigérian aux Ressources pétrolières (Pétrole), le sénateur Heineken Lokpobiri, qui a accueilli une délégation congolaise lundi à Abuja, a réaffirmé l’engagement du Nigéria à partager son expérience avec les autres pays africains, notamment dans le cadre de l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO).
M. Lokpobiri a souligné que le Nigéria a atteint un taux de contenu local de 61 % depuis la promulgation, il y a 16 ans, de la loi sur le développement du contenu local dans l’industrie pétrolière et gazière nigériane (NOGICD).
Il a indiqué que le désengagement des compagnies pétrolières internationales de leurs actifs pétroliers et gaziers terrestres (onshore) a ouvert des opportunités aux entreprises locales, notamment Renaissance Africa Energy Company, Seplat Energy Producing Unlimited et Oando Energy Resources Nigeria Limited, pour acquérir ces actifs et développer leurs activités.
« La solution aux défis énergétiques de l’Afrique réside en Afrique », a déclaré M. Lokpobiri, précisant que le Nigéria produit actuellement plus de 1,8 million de barils de pétrole brut par jour.
Le ministre a expliqué que, si les opérations en eaux profondes (deep offshore) restent largement dominées par des entreprises étrangères, les sociétés nigérianes d’exploitation et de services pétroliers et gaziers contrôlent désormais davantage d’actifs terrestres et en eaux peu profondes, contribuant ainsi au développement du contenu local.
Il a également souligné que les initiatives de contenu local sont financées par le secteur lui-même, grâce à un prélèvement de 1 % destiné au Fonds de développement du contenu local (NCDF) sur les contrats attribués dans le secteur amont (upstream) des hydrocarbures.
M. Lokpobiri a assuré la délégation congolaise de la disponibilité du Nigeria à partager son expérience, tout en lui transmettant les salutations du président Bola Tinubu.
Le secrétaire exécutif du NCDMB, Dr Felix Omatsola Ogbe, représenté par le directeur des services généraux, Dr Abdulmalik Halilu, a exprimé la volonté de l’organisme d’accompagner la RDC dans la mise en place d’un cadre solide de contenu local.
Il a notamment présenté les structures institutionnelles mises en place au Nigéria, la synergie entre les différents acteurs de la réglementation ainsi qu’une feuille de route stratégique décennale visant à retenir 70 % de la valeur au niveau national et à créer plus de 300 000 emplois directs d’ici à 2027.
En réponse, M. Onanga a salué les réalisations du Nigeria, estimant que le pays constitue une référence africaine en matière de développement du contenu local dans le secteur pétrolier et gazier.
« Nous sommes fiers d’être au Nigeria pour constater ce qui a été accompli », a-t-il déclaré.
Selon le communiqué du NCDMB, la visite d’étude se poursuivra jusqu’à vendredi et comprendra notamment des visites au siège de l’organisme dans l’État de Bayelsa, dans les ateliers de fabrication de la zone franche d’Onne, ainsi qu’une session destinée aux fournisseurs de la Nigeria LNG (NLNG).
La délégation se rendra également au Centre du gaz de l’Université de Port Harcourt (UniPort), sur les sites de LADOL et Nigerdock, ainsi qu’à d’autres installations et structures clés du secteur pétrolier et gazier nigérian.
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