L’ONU se prononcera sur la prolongation du dispositif visant à contrôler les navires soupçonnés de violer l’embargo sur les armes à destination de la Libye.
Le Conseil de sécurité de l’ONU doit voter le 25 novembre sur un projet de résolution renouvelant l’autorisation donnée aux États membres d’inspecter les navires au large des côtes libyennes, lorsqu’il existe des raisons de croire qu’ils transportent des armes ou du matériel militaire en violation de l’embargo imposé à la Libye. Le mandat actuel expire le 28 novembre, selon un rapport du Security Council Report.
Le même jour, le Conseil devrait également entendre le bilan semestriel de la Cour pénale internationale (CPI) sur la situation en Libye, présenté par un adjoint du procureur Karim Khan. Ce double examen intervient dans un contexte de stagnation politique persistante et de tensions sécuritaires dans le pays, où la mise en œuvre des résolutions du Conseil demeure entravée.
Dans un rapport transmis au Conseil, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a confirmé que des violations répétées de l’embargo sur les armes continuent d’être signalées. Malgré la prolongation, en vertu de la résolution 2780 (2025), de l’autorisation d’inspection maritime, les flux illégaux d’armes et de matériel militaire persistent, alimentant les factions rivales et les groupes armés actifs sur le territoire libyen.
Le document souligne par ailleurs que l’Union européenne poursuit ses opérations dans le cadre de la mission navale « Irini », déployée en Méditerranée pour surveiller le respect de l’embargo. Depuis son lancement en 2020, cette opération a permis plusieurs saisies d’équipements militaires et la collecte d’informations sur des transferts suspects, bien que son efficacité soit limitée par les risques sécuritaires et le manque de coopération des acteurs locaux.
Selon le rapport, la situation demeure fragile à Tripoli, où l’instabilité politique, la présence continue de mercenaires étrangers et la fragmentation du pouvoir militaire freinent les efforts de stabilisation et de réunification du pays. Les divisions institutionnelles entre l’Est et l’Ouest de la Libye, ainsi que la compétition entre milices, compliquent la mise en œuvre du cessez-le-feu et des engagements internationaux.
La prolongation du mandat d’inspection devrait être approuvée sans difficulté majeure, mais plusieurs membres du Conseil insistent sur la nécessité d’un engagement politique renforcé et d’un contrôle plus strict des flux d’armes pour soutenir le processus de paix conduit sous l’égide des Nations Unies.
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