Face à l’impasse politique persistante et aux violences récurrentes en Libye, l’Égypte a renouvelé, mardi 8 juillet, son appel en faveur d’un règlement politique global, centré sur des élections transparentes et un dialogue national élargi.
Dans une déclaration officielle, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a exprimé le « soutien indéfectible de l’Égypte à une solution libyenne menée par les Libyens », dénonçant par ailleurs les ingérences étrangères qui, selon lui, alimentent les divisions institutionnelles et militaires. Cette prise de position intervient dans un contexte tendu, deux jours après des affrontements meurtriers entre milices à Tripoli.
Partageant plus de 1 000 km de frontière avec la Libye, l’Égypte demeure particulièrement attentive à la situation sécuritaire de son voisin de l’Ouest. Elle a salué les efforts des autorités sécuritaires libyennes en matière de stabilisation, tout en mettant en garde contre tout retour aux logiques de confrontation armée. Seule une issue politique, estime Le Caire, peut garantir une paix durable.
Le gouvernement égyptien insiste sur l’urgence d’organiser des élections présidentielle et législatives « libres, inclusives et placées sous supervision internationale », condition nécessaire à la restauration de la légitimité institutionnelle. Il soutient en ce sens l’initiative du Haut Conseil d’unification, qui vise à rapprocher les cadres juridiques et constitutionnels des deux principales entités rivales : le gouvernement d’union nationale de Tripoli et l’administration de l’Est appuyée par le maréchal Khalifa Haftar.
Cette posture s’inscrit dans la continuité du rôle de médiation assumé par l’Égypte depuis 2020, notamment à travers le « processus du Caire » et en coordination avec la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL). Plusieurs pays arabes, dont les Émirats arabes unis, la Jordanie et l’Arabie saoudite, ont exprimé leur alignement avec la position égyptienne sur la nécessité de préserver l’unité et la souveraineté libyennes.
Au-delà de l’enjeu sécuritaire, Le Caire voit dans la stabilisation de la Libye une opportunité stratégique : garantir la sécurité en Méditerranée orientale, sécuriser les corridors énergétiques, contenir les flux migratoires et renforcer son influence régionale au sein du monde arabe et africain.
Alors que Paris et Rome accentuent également leur présence diplomatique, notamment dans la Cyrénaïque contrôlée par Haftar, l’Égypte se positionne comme un acteur de médiation « équilibré », soucieux de dépasser les rivalités géopolitiques. Mais le chemin reste semé d’embûches : les tentatives de dialogue interlibyen se sont souvent soldées par des échecs, et les milices armées, toujours puissantes, continuent de bloquer tout véritable processus de paix.
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