L’ancien ambassadeur américain en Éthiopie, Tibor Nagy, a appelé Le Caire à abandonner ce qu’il qualifie de « tactiques d’intimidation » dans le différend prolongé avec Addis-Abeba autour du Grand barrage de la renaissance éthiopienne (GERD).
Malgré les avancées du projet GERD lancé en 2011, l’Égypte continue de s’y opposer, craignant des répercussions négatives sur sa sécurité hydrique liée au Nil, fleuve vital pour le pays.
Dans un message publié mardi sur le réseau X (anciennement Twitter), l’ancien ambassadeur américain Tibor Nagy a critiqué l’approche égyptienne, jugeant que les tentatives de pression ou d’isolement de l’Éthiopie sont contreproductives. « D’expérience, je sais que l’Éthiopie ne se laisse pas intimider. Plus on insiste, plus elle se raidit », a-t-il averti, appelant à « accepter la réalité ».
Tibor Nagy, également ex-secrétaire d’État adjoint aux Affaires africaines, plaide pour un dialogue professionnel, dénué de toute rhétorique politique. Son intervention intervient un mois après l’inauguration officielle du GERD, désormais le plus grand barrage hydroélectrique d’Afrique avec une capacité de plus de 5 000 mégawatts — un projet mené à bien sans nouvel accord avec le Soudan ni l’Égypte, ses deux voisins en aval.
Pour de nombreux analystes, ce barrage marque un tournant dans l’histoire du partage des eaux du Nil, remettant en cause la position dominante qu’exerçait l’Égypte depuis des décennies.
Par ailleurs, le GERD est perçu comme un levier stratégique dans la quête de l’Éthiopie pour un accès à la mer Rouge, perdu depuis l’indépendance de l’Érythrée en 1993 mais redevenu un enjeu prioritaire pour Addis-Abeba.
Malgré plusieurs années de pourparlers facilités par l’Union africaine et d’autres partenaires internationaux, aucun consensus n’a encore été trouvé entre l’Égypte, l’Éthiopie et le Soudan sur la gestion du barrage, pourtant crucial pour combler le déficit énergétique régional.
Dans ce contexte, la prise de position de Tibor Nagy apparaît comme un signal fort, invitant Le Caire à adopter une approche plus pragmatique. Selon lui, il est temps de dépasser les blocages politiques et de se concentrer sur des solutions techniques bénéfiques à toutes les parties impliquées.
Une opinion partagée par de nombreux observateurs, qui estiment que les postures politiciennes ont jusqu’ici entravé les véritables avancées diplomatiques autour de ce dossier clé pour l’avenir de la région.
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