Le mélange stratégique de diplomatie religieuse, d’investissements économiques, d’initiatives éducatives et de leadership technologique du Maroc l’a positionné comme la première force de soft power d’Afrique du Nord, et au 50e rang mondial en 2025.
Deuxième année consécutive et performance consolidée. À la 50e place en 2025, avec un score de 40,6 points, le Maroc se distingue une nouvelle fois dans l’édition 2025 du classement du soft power établi par Brand Finance, devançant ses voisins régionaux. L’Algérie, en recul de cinq places, se positionne à la 78ème place, tandis que la Tunisie chute de deux rangs à la 79ème position. Plus loin dans le classement, la Libye et la Mauritanie occupent respectivement les 133ème et 150ème places.
Brand Finance, cabinet de conseil de référence en évaluation de marque, a réalisé sa plus vaste étude sur la perception des nations, interrogeant plus de 170 000 personnes dans plus de 100 pays. Cette analyse repose sur 55 critères définissant l’influence d’un pays dans le domaine du soft power, un concept décrit comme « la capacité d’une nation à influencer les préférences et les comportements des acteurs internationaux par l’attraction et la persuasion plutôt que par la coercition ».
Au sommet du classement, les États-Unis conservent leur statut de leader avec 79,5 points, suivis de la Chine qui, pour la première fois, dépasse le Royaume-Uni et s’installe en deuxième position avec 72,8 points. Dans le monde arabe, les Émirats arabes unis occupent une place de choix (10ème, 60,4 points), suivis de l’Arabie saoudite (20ème, 55,6 points), du Qatar (22ème) et de l’Égypte (38ème, 45,4 points).
Le Maroc a su déployer une stratégie de soft power efficace en Afrique, articulée autour de leviers économiques, sécuritaires, diplomatiques, religieux et culturels.
Sur le plan économique, le Royaume s’est imposé comme un investisseur de premier plan sur le continent, canalisant 40 % de ses investissements directs étrangers vers l’Afrique. Une majorité de ces fonds, soit 97 %, est destinée aux pays subsahariens, témoignant d’une approche de coopération soutenue par des projets concrets.
Le volet sécuritaire constitue un autre pilier de l’influence marocaine. Rabat a mis en place des accords stratégiques avec plusieurs États sahéliens, notamment le Mali, le Niger et la Côte d’Ivoire, pour lutter contre le terrorisme et le crime organisé. L’Académie royale militaire de Meknès, véritable centre d’excellence, accueille chaque année des officiers africains pour des formations spécialisées.
Diplomatie religieuse et présence institutionnelle renforcée
La diplomatie religieuse est un vecteur d’influence majeur pour le Maroc. L’Institut Mohammed VI de formation des imams, fondé en 2014, diffuse un islam modéré inspiré du rite malékite. Cette démarche a été complétée par la création de la Fondation des oulémas africains en 2015, qui vise à harmoniser les études religieuses à travers le continent.
Des infrastructures de prestige, telles que la mosquée Mohammed VI à Conakry et celle du quartier de Treichville à Abidjan, ont vu le jour. Ces édifices, qui couvrent 25 000 mètres carrés et bénéficient à près de 40 % de la population musulmane ivoirienne, représentent un investissement excédant les 40 millions de dollars.
Par ailleurs, la diplomatie marocaine s’est affirmée par la nomination de 46 diplomates à des postes clés dans les organisations internationales et régionales en 2023, contribuant aux missions de maintien de la paix et aux initiatives de résolution des conflits.
En matière de solidarité économique, le pays a conclu des accords d’annulation de dette avec plusieurs nations africaines et maintient son engagement au sein de la Communauté des États sahélo-sahariens depuis 2001.
Enfin, la dimension spirituelle demeure prégnante à travers la confrérie soufie Tijania, qui entretient des liens profonds avec l’Afrique de l’Ouest, notamment le Sénégal. Le siège de la confrérie à Fès constitue un pèlerinage majeur et un vecteur d’échanges économiques et culturels entre le Maroc et ses partenaires ouest-africains.
Par cette approche multisectorielle, le Maroc affirme plus que jamais son statut de puissance influente en Afrique, alliant diplomatie active et présence économique et culturelle stratégiques.
MK/ac/Sf/APA