Accra voit dans les annonces d’Emmanuel Macron sur l’esclavage et les réparations un tournant diplomatique majeur, à la veille d’un sommet international prévu en juin dans la capitale ghanéenne.
Le gouvernement ghanéen a salué samedi les nouvelles orientations annoncées par le président français Emmanuel Macron sur l’esclavage et la justice réparatrice, estimant qu’elles ouvrent « un nouveau chapitre » dans les discussions internationales sur les réparations liées à la traite transatlantique des Africains.
Lors d’une cérémonie organisée à l’Élysée pour le 25e anniversaire de la loi Taubira reconnaissant l’esclavage comme crime contre l’humanité, Emmanuel Macron a soutenu l’abrogation symbolique du « Code noir », ensemble de textes coloniaux encadrant l’esclavage dans les colonies françaises. Le chef de l’État français a également évoqué sa réflexion « inachevée » sur la question des réparations, estimant qu’elles passent d’abord par « la reconnaissance » et avertissant qu’elles ne pourront jamais être « totales ».
Le président français a aussi reconnu que le « Code noir » constituait « une forme d’offense » et affirmé que ces textes étaient incompatibles avec les valeurs actuelles de la République française.
Dans un communiqué publié à Accra, le ministère ghanéen des Affaires étrangères a accueilli favorablement la décision de la France de travailler avec le Ghana sur les questions de justice réparatrice, à la suite d’annonces faites cette semaine par Emmanuel Macron lors de la commémoration du 25e anniversaire de la loi française reconnaissant l’esclavage comme crime contre l’humanité.
Le président ghanéen John Mahama a salué « le leadership honnête, ouvert, conciliant et exemplaire » de son homologue français sur cette question, tout en se félicitant du projet de création d’une commission scientifique Ghana-France.
Accra a également confirmé la participation d’une importante délégation française au sommet international sur les réparations prévu du 17 au 19 juin 2026 dans la capitale ghanéenne.
Selon le communiqué, ce rendez-vous réunira chefs d’État, ministres, chercheurs et représentants de la société civile d’Afrique, des Caraïbes, des Amériques et d’Europe afin de faire avancer les discussions sur les réparations, les excuses officielles, le retour des artefacts, les garanties de non-répétition et les compensations liées aux conséquences durables de l’esclavage.
Le Ghana a par ailleurs applaudi l’intention affichée par la France d’abroger le « Code noir », ensemble de textes coloniaux régissant l’esclavage dans les colonies françaises.
Les autorités ghanéennes ont replacé cette dynamique dans le contexte de la résolution adoptée le 25 mars 2026 par l’Assemblée générale des Nations Unies, sous impulsion ghanéenne, reconnaissant l’esclavage transatlantique des Africains comme « le plus grave crime contre l’humanité ».
Selon Accra, cette résolution, approuvée par 123 États membres, constitue un tournant dans la quête de justice pour les descendants des personnes réduites en esclavage.
AC/Sf/APA






