La Fondation pour les professionnels de la paix (PeacePro) a saisi officiellement l’ambassade de Russie au Nigéria afin d’obtenir des explications concernant des accusations récentes selon lesquelles des civils nigérians auraient été enrôlés de force dans l’armée russe à la suite d’offres d’emploi trompeuses.
Dans un communiqué, le directeur exécutif de l’organisation PeacePro, Abdulrazaq Hamzat, a demandé à la représentation diplomatique russe de clarifier les circonstances entourant cette affaire qu’il qualifie de préoccupante.
L’un des plaignants présumés, Balogun, affirme s’être rendu en Russie avec un visa touristique après avoir obtenu ce qu’il pensait être un emploi d’ingénieur. À son arrivée, il aurait toutefois été conduit sur une base militaire.
Selon son témoignage, des documents rédigés dans une langue qu’il ne comprenait pas lui auraient été présentés pour signature. Il soutient qu’aucun interprète ne lui a été fourni et que l’accès à son téléphone lui a été refusé, l’empêchant d’utiliser un outil de traduction. Après quelques semaines de formation, il aurait été envoyé dans une zone de conflit.
« Le jour où nous avons signé le contrat, je ne comprenais pas la langue. On ne nous a pas permis d’utiliser nos téléphones pour traduire. J’avais expliqué mon domaine de compétence et je pensais être affecté à ce poste. Je ne savais pas qu’on m’utiliserait autrement », a-t-il déclaré.
Pour Hamzat, ces faits, s’ils sont avérés, constituent une violation grave des droits humains et des normes internationales. Il appelle les autorités russes à fournir des explications rapides et à coopérer avec le gouvernement nigérian afin de garantir la sécurité de ses ressortissants à l’étranger.
« Il ne s’agit pas seulement d’une question de droits individuels, mais également de responsabilité diplomatique. Le recrutement de ressortissants étrangers sous de faux prétextes érode la confiance, enfreint le droit international et expose les États à des risques d’altérer leur réputation », a-t-il affirmé.
PeacePro exhorte par ailleurs le gouvernement fédéral nigérian à renforcer les mécanismes de protection des citoyens voyageant à l’étranger, afin d’éviter que des opportunités professionnelles ne servent de couverture à des pratiques d’exploitation ou d’enrôlement forcé.
L’organisation conclut en appelant à un dialogue diplomatique urgent, à l’ouverture d’une enquête transparente et à la mise en place de mesures de protection renforcées pour prévenir tout nouveau préjudice à l’encontre des Nigérians à l’étranger.
GIK/te/Sf/APA







