L’Afrique du Sud a remis au Zimbabwe le dernier oiseau historique en pierre de savon ainsi que huit restes humains ancestraux, une restitution que Harare présente comme une étape majeure dans la récupération de son patrimoine culturel dispersé durant la période coloniale.
La cérémonie officielle de restitution d’objets ancestraux par l’Afrique du Sud au Zimbabwe s’est tenue mardi et a été saluée par les deux pays comme un geste symbolique fort de réconciliation, de restitution et de solidarité régionale.
Selon les autorités zimbabwéennes, le retour de ces restes, dont certains étaient conservés depuis plus d’un siècle dans des institutions, contribue à rendre leur dignité aux familles et communautés concernées, dont l’histoire a été profondément marquée par les pratiques coloniales.
Le secrétaire général adjoint auprès du Président et du Cabinet, Paul Damasane, a souligné que cette restitution illustre les liens historiques entre le Zimbabwe et l’Afrique du Sud et s’inscrit dans les engagements internationaux, notamment les conventions de l’UNESCO et l’Agenda 2063 de l’Union africaine, en faveur du rapatriement du patrimoine africain.
Pour sa part, le ministre sud-africain des Sports, des Arts et de la Culture, Gayton McKenzie, a qualifié cette démarche d’acte de justice et de réparation, reconnaissant le passé douloureux lié à la collecte et à la conservation de restes humains sans considération pour leur valeur culturelle et spirituelle.
Il a ajouté que cette initiative reflète la volonté de l’Afrique du Sud de coopérer avec les autres États africains pour restituer les biens culturels acquis durant la colonisation.
L’oiseau en pierre de savon, sculpté il y a plusieurs siècles dans l’ancienne cité du Grand Zimbabwe, figure parmi les symboles les plus emblématiques du pays.
Datant d’une période comprise entre le XIe et le XVe siècle, ces sculptures étaient autrefois placées au sommet de piliers de pierre au sein d’une civilisation africaine prospère.
Plusieurs de ces artefacts avaient été emportés à la fin du XIXe siècle lors de pillages coloniaux, certains ayant été vendus à l’étranger, notamment à Cecil John Rhodes.
Depuis son indépendance en 1980, le Zimbabwe s’efforce, par la voie diplomatique, de récupérer ces pièces, avec des résultats progressifs au fil des décennies.
Cette dernière restitution est considérée comme la plus importante des huit oiseaux en pierre, survenue plus de quarante ans après l’indépendance et près de 140 ans après l’enlèvement du premier artefact.
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