Le ministère libyen des Affaires étrangères a critiqué la tenue de consultations régionales sur la Libye sans la présence des autorités de Tripoli, rappelant le principe de souveraineté et de représentation officielle de l’État libyen.
Le ministère des Affaires étrangères du Gouvernement d’unité nationale a exprimé, lundi, ses réserves concernant l’organisation de réunions relatives au dossier libyen sans la participation directe de la Libye. Cette réaction vise notamment une rencontre prévue à Tunis entre la Tunisie, l’Égypte, l’Algérie et la mission des Nations unies, consacrée à l’évolution du processus politique libyen.
Dans un communiqué officiel, le ministère a souligné que toute discussion portant sur l’avenir politique de la Libye devait impérativement se tenir avec la participation de l’État libyen, représenté par son ministère des Affaires étrangères, seul organe officiellement mandaté pour s’exprimer au nom du pays dans les enceintes internationales. Tripoli estime que l’exclusion des autorités libyennes de telles consultations porte atteinte au principe de souveraineté nationale et fragilise la légitimité des démarches engagées.
Le ministère a toutefois réaffirmé son ouverture à toute initiative régionale ou internationale sincère visant à soutenir le règlement politique de la crise libyenne. Il a précisé que ces efforts ne peuvent être jugés crédibles que s’ils respectent pleinement la souveraineté de la Libye et s’abstiennent de contourner ses institutions légitimes, appelant à une coordination fondée sur l’inclusion et la reconnaissance officielle de l’État libyen.
Parallèlement, le ministère tunisien des Affaires étrangères a annoncé la tenue d’une réunion du mécanisme de consultation tripartite sur la Libye, organisée en coordination avec la mission des Nations unies. Cette rencontre vise à examiner les efforts déployés par les trois pays voisins — la Tunisie, l’Égypte et l’Algérie — afin de soutenir le dialogue interlibyen et de contribuer à une solution politique durable.
La réunion se tient à Tunis avec la participation du ministre tunisien des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, du ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, et du ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdel Aaty, en présence de Hanna Tetteh, représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU pour la Libye.
Dans son communiqué, la diplomatie tunisienne a indiqué que cette réunion « témoigne de la volonté des dirigeants des trois pays d’intensifier les consultations et la coordination conjointe », dans l’objectif de contribuer à un règlement global de la crise libyenne. Les réserves exprimées par Tripoli illustrent toutefois les tensions persistantes autour des formats régionaux de concertation et la sensibilité de toute initiative menée sans implication directe des autorités libyennes.
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