Le Caire multiplie les contacts diplomatiques pour contenir les tensions sans s’imposer comme médiateur dans la crise au Moyen-Orient.
L’Égypte a intensifié ces derniers jours son activité diplomatique dans un contexte de forte escalade régionale liée au conflit impliquant l’Iran, Israël et les États-Unis. Selon des déclarations officielles et des sources diplomatiques, le président Abdel Fattah al-Sissi a enchaîné les consultations avec plusieurs dirigeants du Golfe, notamment aux Émirats arabes unis et au Qatar, afin de coordonner les positions et appeler à une désescalade.
Le Caire insiste sur le fait que la sécurité des États du Golfe constitue « une partie intégrante de la sécurité de l’Égypte ».
Cette mobilisation intervient alors que les tensions ont franchi un seuil critique, marqué par des frappes visant des infrastructures énergétiques dans la région. Les autorités égyptiennes ont fermement condamné des attaques iraniennes jugées « inacceptables et injustifiées », tout en maintenant des canaux de communication ouverts avec Téhéran.
Des échanges téléphoniques récents entre responsables égyptiens et iraniens illustrent cette volonté de préserver un minimum de dialogue afin de contenir l’escalade.
La stratégie égyptienne repose ainsi sur un double positionnement. D’un côté, un alignement politique clair avec les monarchies du Golfe, partenaires économiques et stratégiques majeurs. De l’autre, une prudence diplomatique visant à éviter toute implication directe dans un conflit aux conséquences potentiellement déstabilisatrices pour l’ensemble de la région.
Le ministre des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a d’ailleurs averti lors d’une tournée régionale que la situation était proche « d’exploser » si les hostilités se poursuivaient.
Pour autant, plusieurs analystes estiment que la marge de manœuvre du Caire reste limitée. H. A. Hellyer, chercheur au Royal United Services Institute, évoque un « engagement tactique » destiné avant tout à maintenir la visibilité diplomatique de l’Égypte sans prise de risque excessive.
Le pays privilégie la coordination avec ses partenaires arabes plutôt qu’un rôle de chef de file, et n’a pas été sollicité pour une intervention militaire.
Dans ce contexte, le rôle de l’Égypte s’apparente davantage à celui d’un relais diplomatique qu’à celui d’un véritable médiateur.
« L’Égypte n’a pas le poids nécessaire pour mener une médiation significative entre Israël et l’Iran », souligne Hellyer, estimant que son action se limite à faciliter les échanges et à contribuer à une position arabe commune.
Une posture d’équilibre qui traduit une priorité : contenir la crise sans s’y trouver directement impliquée, au risque de voir sa propre stabilité affectée.
MK/AK/Sf/APA







