À la veille de l’ouverture officielle des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) à Dakar, la capitale sénégalaise s’impose plus que jamais comme l’épicentre des réflexions sur l’avenir du continent.
À l’occasion des Rencontres internationales de la coopération (RIC), organisées pour la première fois hors de Paris par Expertise France et la Fondation de l’Innovation pour la Démocratie (FIDEMO), la place de la jeunesse africaine dans la gouvernance et le développement socio-économique a fait l’objet d’un vibrant plaidoyer.
Pour Jérémy Pellet, directeur général d’Expertise France, le choix de Dakar et le contexte des JOJ – premier événement olympique entièrement tourné vers la jeunesse en Afrique – revêtent une portée hautement symbolique.
« Les besoins de cette jeunesse sont très clairs : un besoin de perspectives d’avenir, d’emploi, et d’accès à une vie sûre, prospère et libre », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité de faire des jeunes de véritables acteurs des politiques publiques et non de simples objets de discussion.
Réconcilier démographie et démocratie
Un constat partagé par le Professeur Achille Mbembe, directeur de la FIDEMO. Rappelant qu’à l’horizon de deux décennies, l’Afrique abritera la population la plus jeune de la planète, avec environ 42 % de jeunes, il a insisté sur l’urgence absolue de relever le défi démographique en le croisant avec l’exigence démocratique.
« Il faudra que cette jeunesse trouve des emplois, soit éduquée, et ait droit au chapitre lorsqu’il faut décider de ce que nos sociétés deviennent », a-t-il martelé, plaidant pour un renforcement de la formation citoyenne et de l’exercice démocratique à tous les niveaux, des communes aux instances nationales.
Repenser le partenariat global
Face aux crises et aux mutations géopolitiques mondiales, les intervenants ont également mis en avant la nécessité de réinventer les liens unissant l’Afrique et ses partenaires internationaux, notamment l’Europe. Loin d’un modèle unilatéral, la coopération se doit d’être repensée sur des bases strictement paritaires.
« La crise que le monde traverse est une opportunité de redéfinir cette politique de coopération sur un plan partenarial, d’égal à égal », a estimé Jérémy Pellet, rappelé par l’urgence de faire front commun face aux défis mondiaux majeurs, tels que le réchauffement climatique et la participation citoyenne.
Alors que les débats se prolongent à travers des initiatives de terrain, sportives et culturelles — à l’image du projet CAP Rugby destiné à l’émancipation des jeunes filles —, Dakar démontre que la jeunesse africaine n’est pas seulement l’avenir du continent, mais bien le moteur incontournable de son présent.
TE/Sf/APA





